Fans of Rachid Taha? This blog is YOUR multilingual community crossroad to share pictures, concerts reviews, news, interviews, links, articles! Fans de Rachid Taha? Ce blog est VOTRE carrefour communautaire plurilingue où partager photos, reportages sur ses concerts, infos, interviews, liens, articles! Esto blog es VUESTRA comunidad multilingue donde reunir fotos, reportajes de sus conciertos, noticias, entrevistas, links, articulos! THE TAHAFANBLOG WITH YOU FROM 2004!!!

Showing posts with label entretien en français. Show all posts
Showing posts with label entretien en français. Show all posts

Thursday, July 03, 2008

Entretien avec Rachid Taha: Le Marathon des mots, c'est comme la messe

Entretien avec Rachid Taha: Le Marathon des mots, c'est comme la messe. Publiée par Libé Toulouse dans ce link.

Interview with Rachid Taha: The word's Marathon, it's like the mass. Published by Libé Toulouse on this link.

Entrevista con Rachid Taha: El Maratón de las palabras, es como la misa. Publicada por Libé Toulouse en este link.

Interview emoticon by phaethorn

A continuación os dejo la traducción al español.

Rachid Taha: El Maratón de las palabras, es como la misa

Gran sombrero, zapatos blancos italianos y traje “Blues Brother”

Cumplirá pronto los 50 años, Rachid Taha, icono rock categoría Joe Strummer, Brian Eno o Patti Smith, acaba de escribir “Rock la Casbah”, una autobiografía que se le parece, descosida y pintoresca.

La voz ronca, un vaso de whisky al alcance del micrófono. Ha leído algunos extractos al público del Maratón de las palabras en el claustro de los Jacobinos.

Después de la lectura, entrevista con un vagabundo celestial en torno a algunas copas.

Libé Toulouse: Usted ha participado en la marcha de los árabes en los años 80. Hoy ¿Cuál es su mirada por los jóvenes de las afueras?

Rachid Taha: Tengo una mirada de amor por ellos. Son los otros los que no tienen mirada. Ellos hablan de los barrios sensibles, ¡es genial! Entonces ¿esto quiere decir que los otros muchachos vienen de barrios insensibles?

Yo tengo un hijo de 23 años, me dice que para hacer pasar mis ideas hoy hace falta ir a Operación Triunfo o Chez Cauet*. Tiene razón. La única vez donde yo canté “Ya Rayah” en un programa como ese, fue Chez Arthur*. Al día siguiente había 10 millones de compadres que cantaban “Ya Rayah” en árabe en los karaokes.

Los de mi generación han bajado los brazos. Durante la época de la Marcha de los árabes y del grupo “Carte de Séjour”, teníamos una granada en la mano, pero no le quitamos el pasador. Ella está todavía en mi bolsillo. Es por esto por lo que he escrito este libro y por lo que continúo haciendo música.

Libé Toulouse: Usted que ha versionado la canción de “Douce France” en la época de “Carte de Séjour”, ¿cómo vive en la Francia de Nicolas Sarkozy?

Rachid Taha: No es la Francia de Sarkozy. Es nuestra Francia. Me horroriza ver arrojar una y otra vez todos los errores sobre un solo tío. Somos nosotros los responsables. Cuando ves que ese tipo ha sido apoyado por gentes que se dicen de izquierdas que han hecho el mayo del 68. Paremos de quejarnos, Él ha hecho su número y ganó. Pero esto no me impide continuar la lucha. Mi combate es dar una sonrisa a los otros y hacer acopio de ello.

Libé Toulouse: Háblenos de su próximo álbum.

Rachid Taha: Éste será un álbum country. Quiero hacerlo en Nashville. En esta historia he embarcado a Rodolphe Burger y a Brian Eno. La idea es de grabarlo entre Benín, Nueva Orleáns y Nashville. Este álbum será un viaje, como el de los esclavos que partieron de África y desembarcaron en América. Es la historia del rock. Se llamará: “It’s now or never”. Es el título de una canción de Elvis Presley. Se puede traducir por: “Es ahora o nunca”.

Libé Toulouse: ¿Cómo ha sido su lectura en el Maratón de las palabras?

Rachid Taha: El Maratón de las palabras está bien. Se diría una misa. A la gente le gusta la misa. Es la primera vez que hacía una lectura en público. He puesto un tono humorístico pero al mismo tiempo lo que leía era triste. He leído extractos sobre el exilio, la dificultad para encontrar su lugar. El público se ha reído.

* Programas de entretenimiento emitidos por la TF1

Recogido por Jean-Manuel Escarnot
Rock la Casbah
Rachid Taha en las Ediciones Flammarion

Traducción al español por ARAN

Sunday, May 04, 2008

Encore un entretien, cette fois sur Radio Grenouille de Marseille.



Voici le lien; je vous conseille de sauver directement l'interview en MP3 sur votre ordinateur pour l'écouter, car sur le site, en ce qui me concerne, ça bloque. L'entretien n'est pas de grande qualité acoustique et "on" se perd un peu par moments dans les jeux de mots (journaliste inclus), mais bon, c'est toujours ça de pris!
ciao a tutti, kelma

Friday, May 02, 2008

Quatre entretiens à l'Institut du Monde Arabe.

4 entretiens video avec Rachid à l'Institut du Monde Arabe sont en ligne!!

- "Français tous les jours, Algérien pour toujours" mardi 04 mars 2008

- "L’amour du métissage" mercredi 27 février 2008

- "Rock la Casbah, de la musique à l’écriture"mardi 19 février 2008

- "Portrait d’un rocker" mercredi 13 février 2008

Clique ici!!! ... puis une fois sur la page, sur "consulter toutes ses émissions".

kelma

Entretien avec Rachid Taha sur Topolivres

Music Le site topolivres vous fait réécouter l'interview par Isabelle Rabineau de Rachid Taha au sujet de son livre "Rock la casbah"- invité du "Lecteur Studio SNCF édition 2008". (L'enregistrement est aussi sur les sites internet du Salon du Livre et de la SNCF. )
Bonne écoute!
kelma

Friday, March 14, 2008

Rachid Taha: "Douce France", c'était de la politique, pas de la provoc!


Livre, musique, politique…Le chanteur Rachid Taha a dialogué en direct avec les metronautes, à l’occasion de la sortie de son autobiographie « Rock la Casbah », co-écrite avec Dominique Lacout (Ed. Flammarion). Lisez l'interview ici.


Libro, música, política...El cantante Rachid Taha ha dialogado en directo con los metronautas, con motivo de la salida de su autobiografía "Rock la Casbah", co-escrita con Dominique Lacout (Ed. Flamarion). Entrevista aquì.

Book, music, policy...The singer Rachid Taha has dialogued on line with the metronauts, at the time of the exit of his autobiography "Rock the Kasbah", co-written with Dominique Lacout (Ed. Flammarion). Read the interview here!

Greetings for all ARAN

Saturday, July 07, 2007

Le comeback de Taha au Canada

Après deux ans d'absence au Canada, Rachid Taha est de nouveau au Québec. D'Outre-Atlantique nous arrive cette belle interview assez drole sur Radio Canada (la seule pendant son séjour)! Il y avoue qu'il fait de la poésie de plus en plus dans ses entrevues car "maintenant on l'écoute", et y évoque entre autres son retour en Algérie et les élections françaises.
Ce soir donc... à Québec, Festival d'été, sur la place d'Youville, à voir: Rachid Taha et Femi Kuti & The Positive Force. Et demain, dimanche 8 juillet, 21 h, soirée arabisante avec Rachid Taha et ses invités spéciaux à la party de clôture Alcan: "Chouchou des Montréalais depuis son premier passage aux FrancoFolies de Montréal, en 1998, l’ami Rachid Taha s’en vient cette fois au Festival de Jazz, entouré d’invités spéciaux tels l’incandescente Lynda Thalie, l’énergique Yann Perreau et l’ex-guitariste des Clash, Mick Jones. Il nous offrira un mégaparty de clôture que nous ne serons pas près d’oublier ! À travers les trésors dénichés dans les replis les plus intimes de la mémoire immigrée, pour l’album Diwân2, cet habitué de Montréal où il est toujours reçu comme un roi recréera l’atmosphère de la culture de l’exil des années 50 et 60 avec l’orchestre de cordes du Caire et la mandole du virtuose Hakim Hamadouche. Un concert qui s’annonce inoubliable sous le signe de l’espoir, de l’humanité, de la vitalité et de la musicalité ! Le concert sera enregistré pour diffusion sur Bravo! et TV5. (patwhite.com)"

Tuesday, June 26, 2007

Fnac video interview!

Très intéressant (merci Aran!):

Saturday, April 21, 2007

Respect Mag chez Rachid

Rachid Taha par Pierre Terrasson copyright

Respect, numero 14
Rachid Taha a reçu chez lui Respect Mag qui lui consacre du coup une double page dans son numéro 14 (avril-juin 2007): il s'agit du récit d'un long moment passé chez lui, au milieu de ses disques, ses DVD... et tout ce qui compose son univers. Anecdotes, coup de coeur et coup de gueule à la clé ! A lire également : un poème écrit spécialement par l'artiste pour le mag. Ci-dessous un avant-goût de l'interview qui provient du site du magazine, pour en savoir déjà un peu plus sur Mr.Taha. Pour le reste, il vous faudra acheter le mag!

Quelques heures avec... Rachid Taha! ... c'est le titre!
"Quand Rachid Taha ouvre sa porte à Respect Mag, ce n’est pas pour se raconter une énième fois, mais pour laisser parler son univers. Musique, peinture, ciné… « Et ça, tu connais ? » Une histoire d’envie de partager, d’invitation à épanouir ses multiples facettes. Fidèle à d’où l’on vient. Curieux d’aller plus loin.

« Un mec comme on n’en fait plus », m’avait-on prévenue. Pourtant, avec ses airs canailles, son franc-parler, sa façon de se foutre des convenances et d’avancer, Rachid Taha a de quoi déstabiliser. Scotchant sur scène de présence et d’énergie rock, l’animal se révèle complexe : tour à tour fin et enfantin, corrosif et charmeur, politique et poétique, rebelle et midinette. Certains le trouvent borderline. Et s’il était out of borders ?

Car oui : Taha aime Johnny Cash, Joe Dassin, The Clash. Du rock’n’roll de Roy Orbison au trash métal de Rob Zombie, l’ami Rachid joue les DJ, écoute, farfouille, exhume des trucs oubliés. Variétoche, standards orientaux, musique cambodgienne, compositions persos, opus électro… À ce stade, ce n’est plus du métissage, mais de l’universalité ! « Mon truc à moi, c’est faire le lien, estime-t-il. Entre les genres, entre les gens. Tu sais ce qui unit les Pieds-noirs et les Américains ? L’Alsace et la country ! Beaucoup de Français partis s’installer en Algérie en 1872 venaient de l’Est, comme les Luthériens émigrés aux USA au XVIIe siècle. Et le chaâbi ne serait pas ce qu’il est sans le banjo débarqué à Alger en 1942 avec les alliés ! »
Au mur, un portrait géant de Franz Fanon. « Entièrement réalisé en papier collé par un de mes amis. J’adore l’art, ça m’amuse. Tout peut être œuvre d’art ; c’est juste une question de regard. » Lui-même peint, sculpte, écrit des nouvelles. « On est là pour faire ! En France, les gens s’enferment souvent dans des postures intellectuelles. Être gai, populaire, c’est suspect. Tous les peuples chantent, célèbrent la joie et l’émotion, les Français gueulent, font des manifs. Ici on aime les idées, pas les actes. D’ailleurs, liberté, égalité, fraternité est un slogan publicitaire ! » Le genre de discours qui fait parfois grincer : « Si Monsieur n’aime pas la France… » Contresens ! C’est parce que la République lui est chère qu’il la secoue. Et qu’il dénonce ses travers. « Comment veux-tu inculquer des valeurs de respect et expliquer ce qu’est l’antiracisme quand tu donnes à des lycées les noms de ce misogyne de Brel, qui côtoya Paul Touvier, ou de Trenet, qui déclara que les Noirs étaient tous des enfants ? »
Pour exprimer ses combats, secouer les préjugés, bousculer les conformismes, Rachid Taha a choisi la création, le plaisir, la fantaisie. « Arrêtons de nous prendre la tête ! Je peux te pondre un album tous les trois mois, un par jour si tu veux ! » Diwân 2 à peine sorti, le voilà déjà en train de stocker quelques petits bijoux pour Diwân 3. La tête dans la musique de John Fogerty, Leïla Mourad, Public Enemy, il planche sur un disque aux confluences du folk américain, du rock et du chaâbi. Tout en caressant l’idée d’adapter les textes du poète perse Omar Khayyam (XIe siècle). « J’aimerais aussi réunir différents artistes –de Robert Plant à Raphaël en passant par Damon Albarn (Blur, Gorillaz), Mick Jones (The Clash), Têtes Raides ou Daniel Darc– pour un album collectif sur le thème de la paix entre Israël et la Palestine. C’est important, non ? T’en penses quoi ? » Du pur Taha."
Réjane Éreau

Wednesday, March 07, 2007

Babyboy interview

Sur le site gay A cause des garçons, téléchargez au format pdf une interview de Rachid Taha parue dans le magazine Babyboy n.31 (page 12). Je vous donne le lien direct pour télécharger. Voici aussi le site du magazine lui-même, publié par le "kelma-groupe" (un autre kelma que moi: "Kelma" est aussi - et surtout -un club gay beur à Paris et le groupe qui tourne autour. Attention le site "Kelma" est un site porno pour visiteurs avertis).

ciao à tout le monde, bonne lecture (vous rincez pas trop l'oeil quand même) et bon week-end!

kelma
This is about an article (interview of Rachid) published by the French gay magazine Babyboy. Download it here (the article is at page 12, pdf format). N.B: as to copyright, the publisher of this magazine is the "Kelma group" (Kelma is a "beur" gay night club in Paris too. Attention the Kelma site is a porn site! ), not the kelma that is writing here...

Thursday, February 15, 2007

Les ordonnances sur mesure du rockeur Rachid Taha

Musique du monde . Diwan 2, le nouvel album du chanteur originaire d’Algérie, rend hommage aux grandes chansons arabes. Rencontre avec un artiste non conformiste.

Diwan 2,
de Rachid Taha,
Universal-Barclay.

Rachid Taha possède ce qui fait souvent défaut aux productions musicales d’aujourd’hui : le non-conformisme. À l’origine d’un parcours hors des sentiers battus, il aime effectuer des « allers et recours » entre - tradition et modernité. Un - répertoire métissé où le rock et le chââbi reflètent le pays d’accueil et la douleur de l’exil. Un mariage de sonorités occidentales et orientales qui vaut à l’ancien leader de Carte de séjour, l’admiration d’artistes prestigieux, tels Brian Eno ou encore Patti Smith, séduits par sa démarche d’ouverture aux autres cultures.
Diwan, paru il y a huit ans, avait permis au chanteur - originaire d’Algérie de laisser libre cours aux souvenirs de son pays d’enfance. Diwan 2 -poursuit la quête d’un blues rock arabe où se croisent aussi bien les cordes de l’Orchestre du Caire que la mandole du - virtuose Hakim - Hamadouche. Un album qui rend hommage aux grandes voix orientales où se mêlent des reprises de - Dahmane el Harrachi, Oum Kalsoum ou Abdel Halim Hafez... le tout réalisé avec la complicité du musicien - anglais Steve Hilllage. -
D’Écoute-moi camarade - évoquant la mémoire immigrée à Agatha du Camerounais Francis Bebey, en passant par les compositions de Taha (Joséphine, Ah mon amour), l’album ravira tous ceux pour qui la musique doit avant tout se jouer des frontières.


Diwan 2 ne va-t-il pas au-delà du simple hommage à la chanson arabe ?
Rachid Taha. C’est un peu mon abécédaire. Comme une petite encyclopédie musicale sur les chanteurs, les chansons, la musique. C’est un - petit cours d’histoire. La jeunesse de la troisième génération n’a eu que très rarement l’occasion de s’intéresser à cette histoire singulière de la musique. Mais cela vaut pour le public français : c’est aussi à lui que je m’adresse. Pour connaître les autres, il faut connaître sa culture. Moi, je passe par la musique. Mais si je pouvais faire un Diwan français, ça serait bien aussi ! Si les gens se réfugient chez les charlatans, c’est parce qu’ils sont perdus, qu’ils ne connaissent pas les choses. C’est pour ça que c’est important de leur faire redécouvrir leur culture. C’est enrichissant pour avancer.

Selon vous, si la société va mal, c’est aussi parce qu’elle n’a plus de repères et ne sait plus d’où elle vient ?
Rachid Taha. Quand on est dans l’ignorance, on est bête, on est méchant, on - devient raciste. Plus on a des connaissances, plus on avance. On peut se parler, échanger des idées. Si j’ai la chance de travailler avec des gens comme Brian Eno, Robert Plant et d’autres, c’est parce qu’il y a une curiosité réciproque. Pour ma part, c’est aussi un acte politique.

Comment expliquez-vous que vous ayez finalement plus de succès en Angleterre qu’en France ?
Rachid Taha. Peut-être les Anglais sont-ils un peu plus ouverts, musicalement plus en avance. Ici, ça bouge, surtout quand on s’aperçoit que des musiciens prestigieux s’intéressent à mon travail. Là, les gens se disent que « peut-être qu’il fait des choses intéressantes ». En Grande-Bretagne, cela fait belle lurette qu’on a rapproché mon travail artistique de l’univers de Brian Eno ou de celui de Plant. Peut-être qu’en France, pour faire ce genre de musique, mieux vaut porter un nom anglo-saxon que s’appeler Rachid Taha. C’est à se demander parfois !

Comment définiriez-vous votre musique ?
Rachid Taha. Le drame des étiquettes, c’est qu’elles sont toujours sur le dos. Je pratique une musique - ouverte qui va du raï au rock, de la techno à la musique industrielle. Pour moi la musique, c’est un tout. C’est l’air que je respire et qui vient de tous les coins de la planète.

Une manière de s’ouvrir sur le monde...
Rachid Taha. Ça ne me fait pas peur. Je suis un artiste contemporain dans le sens où je vis mon époque.

Ce qui ne vous empêche pas de puiser dans la - tradition ?
Rachid Taha. J’ai besoin de retourner à la source pour aller vers la musique - moderne. La chose qui rassemble, c’est la douleur ou le bonheur. On fait de la musique parce qu’on va mal ou que l’on ne va pas bien. On compose pour se soigner. La musique est un médicament et j’essaie de faire des ordonnances.

Parlez-nous d’Écoute-moi camarade...
Rachid Taha. C’est un petit bijou. Je l’ai trouvée dans un carton de disques que j’avais acheté à Marseille. Cette chanson parle de la France, de quelqu’un qui y croyait et pour qui, finalement, ce n’est pas tout a fait ça. Pour certains, cette France terre d’accueil a été une grosse déception. Peut-être le personnage de la chanson s’est-il senti trahi dans son amour. Il l’aimait tellement fort que peut-être avant de la tromper, il en a eu marre. Elle lui a promis de le soigner, le bonheur et l’argent. Finalement, il vit dans une minuscule chambre d’un foyer Sonacotra pendant des années alors il pense qu’il aurait préféré être malheureux dans son pays que pas heureux en France. C’est un constat d’échec.

Que vous évoque l’échéance de l’élection présidentielle ?
Rachid Taha. Au lieu de culpabiliser sans arrêt les mêmes, j’aimerais une politique de tolérance, d’égalité et de fraternité. Chose qui ne se fait pas. À chaque problème, le coupable, c’est toujours l’autre. J’ai envie de dire aux hommes politiques : « Ça suffit, basta ! » Ils savent tous que les immigrés ont participé à l’économie de la France. Ça devrait être en gros titre dans les journaux : « L’immigration une chance pour la France. » On sait très bien qu’on a besoin des immigrés. Ce que je n’aime pas, ce sont les mensonges des politiques, leurs tricheries pour avoir le pouvoir et continuer à leurrer les gens ou leur faire peur.

L’idée de voir la gauche revenir ?
Rachid Taha. Quelle gauche ? Parce qu’il y a une gauche à l’heure actuelle en France ? Ségolène Royal ? Mais où va-t-on ? On est en train de payer le manque de courage de la gauche au pouvoir sur la question des - immigrés. Quelque part, la gauche est en partie responsable de ce qui se passe, La génération des vingt-vingt-cinq ans paie cette carence, cet oubli. Pourtant, ce n’est pas faute de ne pas avoir prévenu les politiques. Attention de ne pas mettre cette génération hors la loi. On ne leur donne pas de travail parce qu’ils ont des noms d’origine maghrébine ; on ne les laisse pas entrer en boîte ; on ne leur donne pas de logement... Pour moi, ce n’est pas ça la France. J’ai envie de dire à la gauche : « Faites quelque chose. »


Entretien réalisé par Victor Hache
Article paru dans le "Web de l'Humanité" le 05 janvier 2007

Friday, February 09, 2007

Interview de Rachid Taha "couscous musique"

photo Couscous Musique
A l'occasion de la sortie de son nouvel album 'Diwan 2', rencontre "déjantée" avec le chanteur franco-algérien Rachid Taha qui sera sur scène du 17 au 20 janvier au Divan du monde à Paris. ..Il est enfin là. L'attente n'aura pas été vaine. Il rapporte dans ses bagages un petit cadeau : 'Diwan 2', un nouvel album haut en couleur. Dans l'ambiance feutrée et faussement exotique d'un salon parisien, l'éternel enfant joyeux nous dévoile un pan de son univers musical…


Dix ans après la sortie de 'Diwan', vous revenez avec un nouvel album 'Diwan 2', est-ce que vous pouvez nous expliquer le sens du mot diwan ?Diwan, ça veut dire assemblée, le mot est d'origine perse. Il a été vulgarisé par la suite et a donné en français les mots divan, douane… Pour moi, diwan, c'est une sorte de chronique. C'est justement ce que je fais dans cet album, j'assemble des choses pour faire une chronique

Vous poursuivez dans ce nouvel album un travail qui a été entamé dans le précédent, une sorte de voyage initiatique et musical dans le répertoire de la chanson arabe, pourquoi ce choix ?Ça correspond à une période de ma vie qui va des années soixante aux années quatre-vingt. J'ai voulu faire un tour de la culture arabe et africaine. Dans cet album, on retrouve des chansons de Abdelhalim Hafez, le dandy de la chanson égyptienne, une chanson de Oum kalthoum, la diva de la chanson arabe, mais il y a aussi une chanson de Mazouni, un chanteur algérien qui chantait en arabe, en kabyle et en français. Il y a aussi Francis Bebey qui chantait 'Agatha'. Une chanson dans laquelle il aborde le thème de la tolérance d'une manière assez rigolote.


Est-ce que c'est pour vous un besoin de retour aux origines? Non, ce n'est pas un retour aux origines. Moi, je sais d'où je viens, c'est un recours aux origines. Je me sers de cette culture, de cette mémoire-là pour rendre hommage à cette génération de nos parents et de nos grands-parents qui sont en train de disparaître et je ne voudrais pas qu'ils disparaissent sans qu'il y ait des traces d'eux.


photo couscous musique photo couscous musique photo couscous musique


Comment vous avez découvert tous ces vieux titres ?Je les ai retrouvés en fouinant. A une certaine époque de ma vie, je fréquentais beaucoup les anciens bars tenus par des immigrés algériens et qui sont devenus maintenant des bars un peu branchés à Belleville ou à Ménilmontant. C'est comme ça que j'ai découvert ce répertoire. J'ai toujours été comme ça. Quand j'étais môme, j'aimais ramasser la ferraille pour la vendre au kilo. Ce côté-là ne m'a jamais quitté. En fait, je fais de la restauration par rapport à la musique. Comme un peintre qui retrouve un tableau, le nettoie, le rend beau et lui restitue ses couleurs originales.

Comme dans le précédent album, sur les onze chansons qui composent celui qui vient de sortir, neuf sont des reprises… C'est un peu "obsessionnel" chez vous, non? C'est une collection que je fais, c'est mon côté ethnologue. Oui, il y a peut-être une obsession… du côté de la mémoire, oui... Mon album j'aurais pu l'appeler 'Mémoire'… Mais 'Diwan', ça sonne mieux (rires) ! J'ai toujours aimé faire partager les choses. J'essaie de transmettre cette mémoire-là. Si j'avais été écrivain, j'aurais écrit des livres…

On a l'impression que vous essayez de restituer l'atmosphère d'une certaine époque...Ces chansons correspondent à l'époque du début de l'immigration algérienne en France vers les années soixante. L'Algérie devient algérienne. Plein d'émigrés débarquent en France. Je ne suis pas un historien non plus, mais j'ai essayé de restituer un ressenti…

Vous consacrez une place particulière pour la chanson égyptienne, aussi bien dans 'Diwan' que dans 'Diwan 2'…Ça fait partie de mon enfance, des cultures qui sont les miennes. En Algérie, quand j'étais petit, il y avait les films indiens et les films égyptiens à la télé. Ça fait partie de ma mémoire et de la mémoire collective arabe et nord-africaine.

Sur les deux titres de votre propre composition qui figurent sur cet album, il y a le titre 'Joséphine' qui fait écho à un autre tube raï du même nom. Vous y chantez une femme, pourquoi cette femme ?Ce sont des femmes que je vois travailler dans les bars la nuit pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants. C'est une façon de saluer leur courage. C'est ma façon de leur rendre hommage.

Vous revisitez les titres d'une façon plus retenue, plus acoustique que dans le précédent album, à quoi correspond ce changement de cap ?C'est un autre travail beaucoup plus proche de la terre. J'ai essayé de coller le plus possible à l'original, de ne pas trahir ces chansons. C'est une approche complètement différente de celle que j'emprunte dans mes compositions personnelles. Il ne faut pas justement que ça ressemble à ce que je fais d'habitude, je change de ton !

'Diwan 2' est le fruit d'une collaboration avec Steve Hillage, du groupe Gong, et l'orchestre de cordes du Caire, pouvez-vous nous en parler un peu ?Avec Steve, ça fait très longtemps qu'on travaille ensemble. Quant à l'orchestre de cordes du Caire, c'est une équipe qu'on a au Caire et chaque fois qu'on en a besoin, on les appelle et on débarque en Egypte. Ça dure depuis 10 ans et ça fait partie de mon univers musical.

Sur le plan musical, vous aimez bien mélanger les genres : rock, chaâbi, techno… Pourquoi ?Parce que je suis comme ça ! Je peux être techno le matin, chanson française l'après-midi, enchaîner sur de la musique classique et puis passer au chaâbi… J'ai toujours baigné dans différentes ambiances musicales, les bars, les voyages et aussi les bals que j'ai fréquentés quand j'étais ado. Je peux danser sur du Carlos comme sur du Johnny Cash.

Chez vous le mélange touche aussi aux langues puisque vous chantez aussi bien en français, en arabe et en franc-arabe. Si je vous dis que vous êtes un artiste de la mixité culturelle, vous en pensez quoi ?Je n'en pense rien du tout. Ça veut dire quoi mixité culturelle ? C'est un pléonasme. Je ne me pose même pas la question. Je suis comme ça !

Oui, mais vous êtes un peu assis entre deux cultures ? Moi, je suis assis sur un canapé ! Sur un divan (rires) ! Ça ne me tracasse pas ces histoires. Ça pose plus problème aux hommes politiques. On est multiculturel ou en ne l'est pas !
Vous qui aviez créé le scandale en reprenant 'Douce France', vous sentez-vous concerné par l'actualité en France, notamment celle relative à la crise des banlieues, ou la sortie du film 'Indigènes' ? Non, je ne me sens pas concerné. Je pense que c'est idiot ce qui se passe en France en ce moment. Au lieu de se responsabiliser, on se culpabilise. C'est très bien de donner des allocations aux anciens combattants d'Afrique du Nord qui se sont battus pour la France durant la Première Guerre mondiale mais ils sont presque tous morts. Ça me fait bien rigoler. C'est encore une manière d'infantiliser les anciennes colonies. Quant à la crise des banlieues, c'est des gamins qui en ont marre d'être mis au ban de la société, sur la touche ! Et moi, je trouve qu'ils sont très gentils, parce que c'est la loi qui est hors la loi. On parle de discrimination positive, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Dans la phrase "discrimination positive", j'entends le mot "discrimination". Et elle n'est jamais positive la discrimination. On essaie de faire peur au peuple français, en essayant de lui faire croire qu'on va le protéger des "sauvageons". S'ils continuent à mépriser les jeunes et à remplir les prisons à coup de répression, ils sont mal barrés.
L'album est accompagné d'un DVD réalisé en Algérie, où vous avez effectué une petite tournée en mai 2006, quel souvenir en gardez-vous ? Je suis un peu mitigé, là-bas aussi les choses vont mal. Et si l'on ne fait pas attention aux jeunes, ça risque d'exploser aussi et plus vite que l'on ne croit...
Rachid Taha, comment peut-on définir votre style musical ? Je ne sais pas, moi ? "Couscous musique", j'aime bien ! Il y a des légumes, de la semoule. Oui, j'aime bien et hop, c'est parti ! "Couscous musique"…

Propos recueillis par Monia Zergane pour Evene.fr - Novembre 2006

photo Couscous Musique


disclaimer: photos originales de l 'article pour fansite. Merci de nous aider à collectionner les photos de l'artiste! Nous pouvons retirer ces photos sur demande.

En couverture de Télérama

Benoît Péverelli pour Télérama

Rachid a été dernièrement en couverture de Télérama avec la photo reproduite à gauche. Voici l'article en question où l'on découvre un Rachid Taha moins militant qu'avant et plus enclin à parler de lui-même. En cadeau deux videos originales dans lesquelles Rachid récite des textes inédits !

“La France est un pays de plus en plus féminin”

Sa déception face aux années Mitterrand, ses colères – injustices de l’immigration, soumission des femmes… Rencontre avec un chanteur au verbe mûri et incisif.
Corps sec et voix écorchée, le verbe iconoclaste et l’œil incendiaire, Rachid Taha allume tous les feux. Et ne les éteint plus. A 48 ans, celui qui fut le premier à conjuguer rock et raï, à mixer rageusement tous les styles, nous conduit avec panache sur des sentiers d’infinies libertés. Tolérance. Insolence. Il en fallait pour résister à la douleur de l’exil, aux humiliations de l’émigration. Mais l’ex-leader du groupe lyonnais Carte de Séjour (1982-1989), le rebelle écorché vif n’a peur de rien. Surtout pas de dénoncer la condition des musulmanes (Zoubida, en 1981), d’orientaliser Charles Trenet (Douce France, en 1986), d’imposer le premier tube en arabe (Ya Rayah, en 1998), ou de revisiter sans fin la musique de son enfance (Diwân 1 en 1998 et Diwân 2, qui vient de sortir). Adoubé par les plus grands musiciens anglo-saxons – Brian Eno, David Byrne – artiste jusqu’au bout du cœur, l’homme a des fulgurances, des extravagances que beaucoup admirent et redoutent tout ensemble

A l’étranger, en Angleterre notamment, vous êtes une star, en France un peu moins. Pourquoi ?
Les Arabes continuent de faire peur. Les Noirs, eux, ont plutôt de la chance : ils ont l’image d’athlètes rigolos, bons danseurs, grands baiseurs, ils ont même des héros dans les séries américaines… Ici, beaucoup de Français n’ont toujours pas digéré la guerre d’Algérie. L’Arabe inquiète. On ne peut pas se fier à ce fourbe, potentiel terroriste, fils de fellagha qui peut vous égorger pour rien…

Vous n’exagérez pas un peu ?Nous vivons de plus en plus dans des ghettos communautaristes. Je viens de faire un concert à Lille à l’initiative du KO Social, le mouvement festif et contestataire lancé par les Têtes Raides en 2004. Eh bien, dans la salle, il n’y avait ni beurs ni blacks, rien que des gentils petits-bourgeois blancs. J’avais l’impression qu’avec Jean-Louis Aubert et les autres nous étions des vétérans du combat militant, aussi ringards que les vieux yé-yé en tournée qui enchantent actuellement la France. Pire : après le concert, j’ai voulu amener une spectatrice saluer les autres artistes et le videur ne m’a même pas laissé entrer. Il a fallu qu’Aubert vienne me chercher. J’en ai pleuré. En ce moment, je vis mal ce genre de situations. Même si elles sont pires pour les jeunes beurs anonymes. La situation s’aggrave.

Pourquoi ?

Parce que les gens deviennent analphabètes ! Et quand on est dans l’ignorance, on se ferme, on devient méchant, raciste… L’autre jour, j’entendais Guy Bedos déclarer chez Ardisson à la télé qu’il ne pouvait supporter le président iranien, « cet Arabe ». Il a fallu qu’Ardisson lui explique qu’Amadinejad était perse, et que ça n’avait rien à voir. « Tous les mêmes ! » a pourtant ricané Bedos… C’est ça, la gauche éclairée ? Quand j’entends Ségolène Royal et Sarkozy, j’ai l’impression d’une famille de ventriloques. Ils disent la même chose. Au moins, nous devons à Sarkozy la fin de la double peine, et je pense qu’il accordera le droit de vote aux immigrés, comme il l’a évoqué… Je suis de gauche. Mais il faut bien reconnaître que la gauche est en partie responsable de ce qui se passe. La génération des 25 ans qui ne trouve ni boulot ni logement dès qu’elle mentionne un nom aux consonances maghrébines, ces jeunes beurs diplômés qu’on embauche davantage à Londres ou à Dubai qu’à Paris, ils ont grandi sous Mitterrand ! Il n’y a pas seulement un problème de cités ; il y a le problème de toute cette jeunesse de France qu’aucun gouvernement n’est parvenu à intégrer, et qui désespère. Prenez la fameuse Marche des beurs, de Marseille à Paris, dont je m’étais pas mal occupé en 1983, du temps de mon groupe Carte de Séjour. Elle a été très tôt récupérée par les têtes pensantes de SOS Racisme et de Touche pas à mon pote. Rien que ce slogan ! Moi, justement, je voulais qu’on y touche aux potes, qu’on les serre dans nos bras.

Vous militiez alors davantage qu’aujourd’hui.

On ne peut plus militer comme avant.

Pourquoi ?

Parce qu’on ne peut plus faire de barricades dans un pays où les philosophes travaillent à la radio quand ils ne sont pas speaker à la télé. C’était autre chose avec Derrida (j’aimais ses yeux qui vous regardaient en face, il me disait toujours, lui le juif d’El-Biar, qu’il était avant tout algérien !) ou encore Deleuze, dont j’ai imité l’abécédaire… en arabe. Maintenant la seule « barricade » qu’on ait, c’est paradoxalement la télé. Il faudrait la sortir et s’asseoir dessus. Je préfère militer à travers ma musique.

Diwân 2 est un disque militant ?

C’est une sorte de cours d’histoire à l’usage des immigrés de la troisième génération… et de tous les Français. J’ai réalisé un jour combien mon propre fils connaissait mal son héritage culturel. Alors j’ai voulu lui constituer une sorte d’encyclopédie musicale qui rende hommage aux plus belles voix orientales. On ne peut s’ouvrir à l’autre qu’en ayant une conscience forte et épanouie de son identité. Je ne me sens pas victime, j’ai même horreur des martyrs, de ceux qui se complaisent dans la plainte. Une victime, c’est un cadavre. Or il faut avancer. Et avant de dénoncer le racisme, on a nous-mêmes, les Arabes, beaucoup à balayer devant notre porte.

C’est-à-dire ?

Et notre racisme envers les femmes ? La soumission à laquelle la famille et un islam mal compris les contraignent, l’obligation du voile ! Tant que les femmes restent asservies, la démocratie ne peut exister. Prenez les mariages arrangés, qui demeurent la règle chez nous. Quand il n’y a pas d’amour au départ, quand le géniteur est trop souvent un violeur, les mères ne peuvent se réfugier que dans leur foi et tombent amoureuses du premier homme doux avec elle : leur fils aîné ! Du coup, elles surinvestissent sur lui, mettent leurs filles éventuelles au service du grand-frère, en font un macho. Et parfois même un intégriste tant leurs relations sont sublimées : pour le fils, la mère si dévouée, si pieuse est devenue une sainte, dont il se rêve le prophète.

Vous êtes un « premier » fils ?

Non, le deuxième. Mais l’aîné est mort enfant. De toute façon ma mère m’a eu à 15 ans et je ne l’ai jamais appelée « maman », mais Aïcha. Ça m’a aidé à trouver très jeune « un meilleur couscous que celui de ma mère », comme on dit chez nous… D’autant que j’ai toujours adoré les femmes. A 10 ans, j’en paraissais 8, et Aïcha m’amenait avec elle au hammam ; les femmes y chantaient des chansons coquines, ma mère aussi… J’ai grandi au milieu d’elles – ma voisine, ma cousine… – dans un mélange absolu de bonheur et de souffrance. Souffrance parce qu’il n’y avait, hélas, aucune mixité : les femmes de là-bas restent entre elles, à la tâche. Les hommes sont ailleurs. Les pères absents.

Quelle enfance avez-vous eue ?

D’abord une enfance choyée à Oran, et dehors, dans la rue. Jusqu’à l’âge de 10 ans, en 1968. Mon père voulait qu’on ait une bonne éducation, à l’européenne : on était la seule famille du quartier à avoir une table haute pour manger, et pas basse comme les autres… J’ai été aussi quatre ans chez les bonnes sœurs, j’étais même premier en catéchisme. Mon père, qui avait dû émigrer en France pour trouver du boulot – mais ne pouvait vivre sans nous –, nous a ensuite fait venir en Alsace où il travaillait dans le textile. Double exil ! Il y avait le froid, la neige et une langue alsacienne que je ne comprenais pas. Terrible. Et puis l’usine de mon père ferme, et nous voilà dans les Vosges, à Lépange-sur-Vologne ; j’ai dû aller à l’école avec les Villemin… Je déteste la campagne, j’ai peur dès que ça n’est pas éclairé. Heureusement en 1977, le fils du maire de Lépange m’embarque vendre avec lui des encyclopédies médicales au porte-à-porte. Je me retrouve avec une bande de jeunes représentants de toutes les nationalités, j’apprends à faire du commerce grâce à la tchatche. Et mes parents partent bosser à Lyon…

Une éducation de petit chrétien ?

Dire que je ne suis pas musulman serait mentir. Mon père est allé à l’école coranique, maîtrisait le Coran ; j’en ai beaucoup parlé avec lui, et avec mon grand-père. C’était une façon de partager avec eux, d’être un homme. Et d’apprendre, aussi : j’ai toujours eu cette soif-là ; sans ça, on est rien. Mais du coup, je ne vois plus de différence radicale entre religions chrétienne et musulmane : elles reposent chacune sur le respect de l’autre, la bonté, la générosité. Mes parents ne m’ont jamais enseigné la haine, mais la tolérance… Je lis un peu le Coran, c’est subtil, plein de poésie ; seulement, il n’est pas donné à tout le monde de le comprendre, il y a beaucoup de charlatans.

Et la musique ?

J’y arrive par hasard. En 1979, je travaille à l’usine Thermix de Lyon, et j’y rencontre deux frères – Mohamed et Mokhtar Amini – qui jouent de la guitare. Je leur raconte que je suis percussionniste, alors que je n’avais tapé que sur des casseroles ; ils m’invitent dans leur grenier. Comme j’écrivais des poèmes, je chante… Notre ambition, alors, n’était pas de devenir rock stars, juste de gueuler ce qu’on avait sur le cœur. C’était l’époque des lois Stoléru et Bonnet, qui stoppaient l’immigration, renforçaient les expulsions, favorisaient les retours au pays des Maghrébins avec 10 000 balles de prime ! C’est pour ça qu’on a appelé notre groupe Carte de Séjour. Je l’ai dissous en 1989, lors d’une tournée à Berlin, au moment de la chute du Mur. Il faisait encore un froid de canard. Dans la rue, on voyait les gens mettre des bouts de mur dans des plastiques… pour les vendre ensuite. Nous aussi, Carte de Séjour, nous tombions en morceaux, nous étions devenu un phénomène social, nous tournions en rond.

Avec de beaux moments de bravoure et de scandale…

Oui, comme Zoubida, en 1981, une chanson qui dénonçait le mariage forcé chez les musulmans ; ou Douce France, en 1986, qui reprenait de façon orientale le grand tube de Charles Trenet, manière de dire que nous existions aussi…

Une attaque d’un côté, de l’autre…

On ne sait jamais où je suis, qui je suis. Autant fasciné par le rock anglais pur et dur que par les chanteurs populaires arabes, par la soul que par le punk, par la musique électronique que par le raï. Ami de Patrick Juvet comme de Brian Eno, de Demis Roussos comme de Patti Smith. Plutôt pudique et timide au fond. Mais fou de Jean Genet – le plus arabe des écrivains français – et incollable sur les westerns de John Ford. J’ai toujours aimé les métissages. Dès l’enfance.

Comment ?

Par le cinéma ! Gamin, j’allais voir tous les films qui passaient à Oran. C’est-à-dire en priorité des films indiens de Bollywood, des nanars rock d’Elvis Presley et des comédies musicales égyptiennes. Mais comme la plupart des jeunes Algériens, je n’aimais pas beaucoup les artistes égyptiens comme Oum Kalsoum ; ils chantaient un arabe classique que nous ne comprenions pas, et cette langue-là qu’on parlait à la télé, aux infos, nous semblait synonyme de pouvoir. Elle symbolisait une hégémonie culturelle égyptienne que nous refusions. Les Egyptiens, c’étaient nos Américains à nous…

Face aux grands puissances arabes « amies », vous ne semblez guère orthodoxe…

Les pays arabes sont pour moi en partie responsables de ce qui se passe au Proche-Orient. Combien de fois j’ai fait des concerts en Palestine, alors que la plupart des interprètes arabes se voyaient interdire toute participation par leur gouvernement ! Car la Palestine fait peur. C’est un pays réellement démocratique, ce que ne sont pas les autres pays arabes qui ont tout intérêt, du coup, à ce que perdure la guerre avec Israël… Pour ça, ils entretiennent la haine. Vous savez qu’on n’enseigne guère l’Holocauste aux petits arabes, de peur qu’ils détestent un peu moins les juifs… Or moi, je maintiens qu’un pays sans forte communauté juive est un pays où la démocratie risque de mourir. Parce qu’ils savent discuter, réfléchir sans fin, ça fait partie intégrante de leur étude du Talmud, c’est inscrit dans leurs gènes… En France, on a Robert Badinter, Simone Veil ; mais en Algérie, aujourd’hui, qui y a-t-il encore ? On a chassé les juifs lors de la décolonisation. Et le pays est devenu une dictature.

Vous y êtes retourné en mai 2006.

Je n’y avais pas remis les pieds depuis 1989 ! J’avais trop de colère contre ce pays qui n’avait pas été capable – malgré ses richesses – de nourrir son peuple, qui avait obligé des gens comme mon père à émigrer, à être humilié à l’étranger, à y subir des douleurs énormes. Jusqu’à n’avoir même plus la force de revenir. C’est fini la « culture du retour », le temps où on achetait des postes de télé en gardant les cartons, pour les rapporter en Algérie. Maintenant, on les jette d’emblée car personne ne veut retourner là-bas. Tous les gamins qui y vivent n’ont d’ailleurs qu’une idée : partir ! Et ceux du 93 qui débarquent aux vacances voir leur famille dans leur belle bagnole se comportent d’ailleurs en vrais colons. Alger, c’est leur Saint-Tropez de pauvres…

Vous êtes dur…

J’en ai marre qu’on nous infantilise et qu’on se laisse infantiliser. Comment a-t-on pu se réjouir qu’après la sortie du film Indigènes le gouvernement ait enfin annoncé une revalorisation des pensions des anciens combattants africains de l’armée française ? Cette injustice durait depuis… 1959 et c’est honteux qu’il ait fallu un film pour y remédier. Pire : qu’on croit nous apaiser avec une petite allocation, quand par ailleurs on ne donne même pas de visas pour revenir en France aux anciens combattants qui sont rentrés en Algérie.

Que faire ?

Donner du boulot aux pères des cités pour que les fils ne les retrouvent pas affalés devant leur télé quand ils rentrent de l’école. Comment croire possible, après, de s’en sortir ?

Pourquoi chantez-vous ?

Pour faire aimer Dieu même s’il n’existe pas.

Comment faites-vous ?

J’écoute. Tout le temps. Tout. Je suis un receleur. Je récupère tout ce que j’entends. Je rythme et je chante dessus. Je bosse tout le temps. Je peux chanter, slamer dix-sept heures de suite sans m’arrêter. Abd Al Malik, je le prends quand il veut. J’aime les mots, la voix, les voix. Je ne peux pas m’endormir sans en écouter une. Radio ou DVD. Je me passe en boucle, par exemple, Si Versailles m’était conté ou La Poison, de Sacha Guitry. Il n’y a plus de voix comme Michel Simon ou Pauline Carton.

Pourquoi ?

Parce qu’il n’y a plus de culture. Les gens ne lisent plus, ne pensent plus. Il y a un rythme ultra-rapide de l’élocution, de la parole qui correspond à l’absence de choses à dire. Genre, « Tékitoi ? ». Du coup, il n’y a plus de voix. Ou toujours la même… Je rêverais d’écrire un opéra, ou au moins une comédie musicale. J’y travaille en ce moment. Un livret autour d’une fille qu’un harki a eu d’une juive ashkénaze…

On est loin du rock de vos débuts ?

Pas du tout. Je reste rock, hard rock même. Metal ! Mick Jagger me gonfle, je préfère Marilyn Manson… Le rock c’est surtout une attitude : prolo, naïve, humaine. Edith Piaf était rock, Johnny Hallyday est rock, même s’il n’a jamais fait un seul disque rock. Juste de la varièt… On est pas rock en France. Chez nous, c’est plutôt chansonnette, accordéon, Bénabar et Obispo. Mais j’adore la France.

Pourquoi ?

Parce que c’est encore un vrai pays démocratique qui s’est construit sur un beau slogan publicitaire : Liberté, Egalité, Fraternité. Et puis les femmes y sont plus belles qu’ailleurs ; le photographe Helmut Newton le disait, et c’est vrai. La France est d’ailleurs un pays de plus en plus féminin, homo même.

… ?

Vous n’avez pas remarqué comme on s’embrasse ici ! Pour un oui, pour un non. C’est le côté arabe de la France. C’est déjà un début… "

Propos recueillis par Fabienne Pascaud (TELERAMA).
Avec l'entretien, deux videos en ligne et en pod-cast:

Monday, May 29, 2006

Rachid en Algérie: articles et interviews suite!

Rachid

Si vous voulez trouver un compte-rendu du concert d'Oran, ville presque-natale de Rachid, c'est dans el watan que vous le trouverez bien sûr, mais il y a un bel entretien aussi dans l'Expression (nous en recopions le contenu de peur qu'il disparaisse dans les prochains jours).


RACHID TAHA À L’EXPRESSION
«Ma musique est une arme non violente»
25 mai 2006 - Page : 21
«Rock the Casbah» sa reprise des Clash a été classée parmi l’une des meilleures reprises au monde d’après le Times.
Véritable artiste «international» au sens propre du terme, Rachid Taha est l’unique, le seul à avoir sillonné plusieurs fois les routes du monde en un an. Avec plus de 120 concerts en moyenne dans l’année, ce boulimique musicien a soif de public comme de scène et de musique. Il a fait près de 70 pays.
Chevelure en bataille, la cigarette au bec, mine sombre, une dégaine de rockeur, nous l’avons rencontré dans sa chambre d’hôtel où il a répondu à nos questions. Lui un provocateur? Sur scène, oui, dans le verbe, lorsqu’il chante oui.
Mais face-à-face, il s’est révélé un tendre sensible. Comme une bête apprivoisée. Mais l’animal qui dort en lui va «s’éclater» assurément lors de la tournée algérienne qu’il vient d’entreprendre. Aussi, après Tlemcen, hier, il sera à Oran le 26 mai, Annaba le 28 et à Alger le 31 où il clôturera en apothéose, à coup sûr le festival du mois culturel européen. Ecoutons le philosophe. C’est parce que c’est un artiste, il apporte des idées tranchantes sur la vie, mais avec distance, clairvoyance et objectivité.
L’Expression: Et si on remontait le temps, en évoquant la chanson «Douce France». Pourriez-vous l’interpréter aujourd’hui sur scène ou vous semble-t-elle dépassée, au regard cependant de l’actualité qui prévaut en France (loi sur l’immigration de Sarkozy)?
Rachid Taha: C’est marrant de parler de cette chanson parce qu’il y a un groupe de musiciens qui l’a reprise cette année. J’ai participé à un concert dont les bénéfices ont servi pour financer des stages pour les jeunes qui ne peuvent pas faire des études. Donc, ils l’ont reprise de la même façon que je l’ai fait il y a 20 ans. Ils n’ont rien changé.Elle est toujours d’actualité, tout à fait. Cela veut dire qu’il n’y a pas grand chose qui a changé, malgré nos mises en garde et que les problèmes demeurent. Il faut trouver des solutions. Je ne sais pas si avec une chanson, on peut trouver une solution.
Vous êtes né en Algérie mais ayant grandi en France. On sait que Rachid Taha est un chanteur militant. Certains artistes et intellectuels se sont élevés contre cette loi du 23 février. Vous-même quelle a été votre réaction?
Je n’ai pas eu une réaction précise... Je trouve triste de revenir toujours sur le passé. S’il sert l’avenir c’est très bien. Mais si le passé ne sert qu’à créer des rancoeurs et créer des divisions, ce passé-là ne m’intéresse pas.Ceci dit, c’est vrai que l’histoire doit être établie exactement de la même manière que ce qui a été fait par les Américains par rapport au Vietnam, où les Français et les Allemands...Faut-il avouer, il reste encore des problèmes liés au passé qui demeurent entre la France et l’Algérie. Ça n’a pas été encore réglé.
Quelle est la philosophie de vie de Rachid Taha?
Quand je dis qu’il ne faut pas se tourner vers le passé, c’est pour ne pas créer que de la rancoeur. Quitte à se tourner vers le passé mais pour avancer. C’est vrai qu’il faut reconnaître les choses qui ont été perpétrées. La France a commis de nombreuses fautes. A mon avis, il faut régler ce problème le plus tôt possible.Là, vous m’ouvrez une petite brèche pour entamer la discussion autour des relations algéro-françaises...Tant que les relations restent tendues entre l’Algérie et la France, nous aussi, on vit cette tension-là, en France. Toutes les générations d’immigrés confondus.
Mais qu’en est-il de l’avenir de ces relations entre les deux pays. Etes-vous optimiste ou le contraire?
Je suis optimiste parfois mais pessimiste souvent. Il faut dire que cela n’avance pas trop vite. J’ai l’impression, parfois, qu’on ne fait que dégrader la situation.
Dans vos chansons, vous mettez toujours des mises en garde, comme pour prévenir les gens du danger qui les guette et qui peut survenir à tout moment.
Oui, souvent, notamment dans la première chanson «Zoubida» où je mettais en garde contre l’intégrisme il y a de cela 24 ans. Après, avec Carte de séjour, on a parlé des problèmes de travail. Enfin de la discrimination positive comme on le dit maintenant, dans les boîtes de nuit par exemple...C’est vrai, malheureusement, souvent, j’ai mis le doigt sur ces problèmes et ils durent. C’est malheureux.
Parlant musique, il est regrettable de constater qu’on connaît très peu sur vous. Vos disques ne nous parviennent pas, ne sont pas distribués en Algérie. Et si on écoute vos chansons, rare où l’on fait attention à la portée très «signifiante» de vos textes...
La meilleure façon de connaître mes textes restent effectivement que mes disques doivent être diffusés ici. On va essayer de remédier à ça. Mes textes parlent de choses que je vis, que je vois quotidiennement. J’essaye parfois de me mettre en garde moi d’abord, puis les autres. il faut batailler. Ce n’est pas facile, parce qu’on n’a pas toujours la facilité de parler de pareils sujets. J’ai la chance d’en parler lors de mes conférences et les interviews mais je crois que ce n’est pas suffisant.Vous dites quand vous parlez des autres qu’en fait, c’est de vous-même dont il s’agit...Parce que l’autre c’est moi. Je n’existe pas sans l’autre.
Rachid Taha a beaucoup évolué musicalement mais il reste très attaché aux racines arabes. Quand même, vous avez reçu un prix en 2001 pour le meilleur album dans la catégorie world music. Vous-même, comment pourriez-vous définir ou présenter le style musical que vous faites?
C’est difficile de répondre. J’ai toujours l’impression d’apprendre. Je n’ai pas l’impression d’avoir tout exploiter, de tout exprimer. C’est un travail qui a été, certes, parfois pénible mais en même temps assez intéressant. Je considère la musique parfois comme une arme. Non violente. Ce n’est pas facile de parler de ce qu’on fait.Cela veut dire aussi de parler de soi. Et il m’est très difficile de parler de moi. C’est dû à une espèce de pudeur. Peut-être que je ne fais pas assez bien mon travail. C’est-à-dire que si je le faisais véritablement bien, je pense qu’on n’aurait pas besoin de poser des questions. Cela veut dire que mes réponses auraient dû y être. donc il va falloir que je travaille plus (sourire)...
Dans vos albums, on y trouve souvent des coups de coeur. Vous faites souvent appel à des musiciens...
Parfois c’est eux qui font appel à moi, oui.On s’est rendu compte au fil des années, que votre verbe se fait de plus en plus tranchant.Je me suis rendu compte que la métaphore n’est pas souvent comprise. Donc il faut aller directement aux choses...
Des idées sur le prochain album?
Ça va être le Diwan 2. En revoyant certains standards arabes et africains aussi. C’est comme si je trouvais un tableau dans un grenier et puis je le nettoie. Voilà. C’est ce que je fais. Il y aura Dahmane El Harrachi une fois de plus, il y a Mazouni, le chanteur de l’immigration, il y aura aussi Oum Keltoum, peut-être Abdelhalim Hafedh, Blawi El Houari, aussi un Camerounais Francis B., parce qu’on est Africain aussi...
T’es qui toi alors?
Je crois que j’ai répondu à cette question (sourire). Si tu regardes la pochette de l’album, il y a un côté messianique, notamment avec la barbe un côté guevariste, etc., c’est un peu pour dire qu’on est l’autre, et rien sans l’autre et si on peut évoluer, avancer, il faut respecter l’autre. Plus le respect entre les hommes existe, plus on fera de belles choses.
La chanson «Ya rayah» que vous avez remis au goût du jour est devenue, aujourd’hui, le chant de ralliement de la jeunesse de Beyrouth. Quelle a été votre réaction suite à cette nouvelle?
Je viens de l’apprendre. C’est génial. Ça fait plaisir. Une chanson qui vient d’Alger, chantée à l’origine par un chanteur de l’immigration qui est Dahmane El Harrachi, est devenue presque un hymne de la jeunesse libanaise de Beyrouth, en même temps que c’est une chanson qui se trouve dans le dernier film de Nani Moretti qui est réalisateur à grands films, elle est aussi chantée par tous les orchestres orientaux du monde, dans n’importe quel hôtel du monde. En plus, elle a été reprise en turc et en grec...C’est bien! parfois la chanson a du bon alors...
Que seriez-vous devenu sans votre compagnon de route, votre producteur Steve Hillage. On sent un lien très fort entre vous deux...
J’aurai choisi quelqu’un d’autre. Je m’entends bien avec lui. Pourquoi ne pas continuer avec lui. Un lien fort complètement. Là, le prochain album, on est en train de le préparer ensemble.
Si vous n’étiez pas chanteur, vous auriez fait quoi comme autre métier? Politologue? Philosophe?
J’aurai fait peut-être journaliste. Mais moi, j’ai travaillé et étudié sur le tas. Je n’ai pas fait d’études. La philosophie, je la fais là, à ma façon. Pour faire philo, on n’est pas obligé d’aller à l’école en fait. Chacun sa propre philosophie, la suite, il y en a qui sont plus malins que d’autres.
Un mot sur la disparition de Cheikha Rimiti?
Je ne sais jamais quoi dire quand il y a quelqu’un qui disparaît. J’ai rendu hommage à Cheikha Rimiti, il y a très longtemps avec Carte de séjour. Même quand je faisais des émissions de radio, on me demandait sur mes influences musicales, je parlais de Rimiti, du raï, de la femme, etc. Je lui rends hommage à travers mon travail, mon écriture, ou la façon de chanter des meddahate. Je rends souvent hommage aux femmes et, partant, de Cheikha Rimiti qui d’ailleurs, tournait beaucoup dans le monde. Elle était connue dans le monde, tournait aux USA, en Angleterre...Peut-être pas reconnue, ici (en Algérie, ndlr). Nul n’est prophète dans son pays.
O. HIND

rappels: autre post avec interviews algériennes, un autre encore avec interview pre-tournée de el watan

Saturday, May 27, 2006

Deux interviews algériennes de Rachid!

Rachid en Algérie, photo el watan


1.el watan: Rachid Taha : « je suis un combattant du rock »

2.liberté:
je recopie l'article car introuvable aux archives dans le site du journal:

24 mai 2006
N’en déplaise aux Algérois, le chaâbi vient du Maroc

Après plusieurs années d’absence, Rachid Taha se produira, pour la première fois, dans une série de concerts à travers le pays. Dans cet entretien, le rockeur évoque ce retour aux sources, parle de ses appréhensions de rencontrer le public algérien et des difficultés d’organiser des spectacles en Algérie.

Liberté : Comment vivez-vous ce retour ?
Rachid Taha : Cela fait longtemps que je ne suis pas revenu pour donner un spectacle. Mais ce n’est pas le cas sur le plan personnel.
Vous revenez pour des concerts à Alger, Oran, Annaba et Tlemcen, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Je considère que cette tournée est plutôt serrée, parce que l’Algérie est beaucoup plus vaste que ça. Je suis curieux de voir comment ça va se passer, parce que c’est la surprise totale pour moi et pour le public. Les gens me connaissent, ils m’ont vu à la télé, ils connaissent Ya Rayeh mais ne savent pas exactement qu’est-ce que je fais.
Comment voyez-vous ce premier contact avec le public algérien ?
Je ne sais pas. Je ne connais pas le public algérien et je n’ai aucune appréhension. Il n’y a pas de différence entre un public américain, algérien ou marocain. Pour moi, ce sera le même quota de bonheur ou de douleur ; on verra lors du concert. Évidemment, sur le plan personnel, il y a un peu d’appréhension car lorsqu’on revient dans le pays où on est né où les racines sont très ancrées, il y a une certaine peur. D’ailleurs, on est quelque part prisonnier, même si sur le plan professionnel on est totalement libre.Évidemment, cela intimide et nous fait perd de notre spontanéité. On ne réagit pas de la même manière lorsqu’on fait un concert de rock en Algérie ou à Londres. Cela se voit chez les chanteurs arabes, chez lesquels je trouve qu’il y a de l’hypocrisie dans leurs spectacles. Tous cela me désole.
Quelle est la formule Rachid Taha ?
Beaucoup de rock et de chaâbi…
Comment êtes-vous arrivé à cela ?
Je suis un “chaâbiste”, je suis pour la musique populaire. Le chaâbi fait parti de la musique au même titre que la musique country américaine. D’ailleurs, on trouve un instrument extraordinaire qui est le banjo dans ces deux types de musique. Cet instrument a été introduit par les Américains en Algérie lors de la Seconde Guerre mondiale.N’en déplaise aux Algérois, le chaâbi vient du Maroc. D’ailleurs, les grandes figures du chaâbi, notamment El Anka, sont très influencées par la culture marocaine et c’est Dahmane El Harrachi qui a donné un timbre algérois à la musique chaâbie.Une carrière internationale pour arriver enfin en Algérie.
Pourquoi la tournée algérienne est venue beaucoup plus tard ?
Malheureusement, il n’y a pas de structures pour prendre en charge des tournées à travers le pays. Il a fallu faire appel aux structures européennes, notamment françaises, pour parvenir à se produire en Algérie. Je tiens simplement à signaler que de toutes les tournées que j’ai faites dans les pays arabes, elles ont été prises en charge par des structures étrangères. Nous n’avancerons qu’une fois les structures algériennes auront la capacité d’organiser des tournées.
Quel est le programme que vous allez présenter lors de votre tournée ?
Je n’ai pas envie de dévoiler le programme des concerts. Il y aura du rock, de la techno, des reprises et des surprises qui peuvent être bonnes ou mauvaises.
Comment était l’expérience raï avec le trio Un deux trois soleil ?
Il avait des aspects positifs sur le plan de la couverture médiatique en Europe, notamment en France, et négatifs sur le plan musical. Cette expérience a tué le raï, car c’était d’un niveau musical très élevé. Il est très difficile de reprendre une telle production. Il ne suffit pas de faire des chansons pour arriver à un niveau comme celui de ce trio. C’est pour cela que depuis, il n’y a pas eu un grand succès dans la musique raï. La musique est un travail de longue haleine, ce n’est pas uniquement un truc commercial. C’est une démarche politique et intellectuelle.
Vous considérez-vous comme un chanteur engagé ?
Oui, je suis engagé mais... Je pense que chanter en arabe en France, c’était de la provocation. Je voulais démontrer que la langue arabe est riche et poétique, contrairement aux idées reçues.
Qu’avez-vous ressenti lors du décès de cheïkha Rimitti ?
C’est une grande perte pour la culture algérienne. Même si, sur le plan officiel, sa musique n’était pas très appréciée en Algérie. Cependant, elle était très connue à l’étranger. Nul n’est prophète en son pays. Il faut noter que c’est très difficile de pratiquer le métier de chanteur pour une femme, surtout à son époque. Elle était d’un grand courage et elle s’est fait une place malgré les résistances de notre société. C’est ça le métier du chanteur engagé, il faut s’imposer. Ça ce passe de la même façon même dans les pays occidentaux. D’ailleurs, il y a certains chanteurs qui sont censurés à cause de leurs textes. C’est le cas en ce moment pour un chanteur français qui a écrit un texte sur le président Chirac.
Après la reprise de Ya Rayah, êtes-vous tenté par d’autres reprises ?
J’ai fais beaucoup de reprises. J’ai repris Mazouni, Dahmane El Harrachi, Belawi El Houari, El Anka… J’ai repris tout cela dans un album qui s’appelle VDiwane.
Vous avez un grand penchant pour le raï...
Oui, mais c’est beaucoup plus le raï “du bled”. Il ne faut pas oublier que je suis originaire de l’Ouest, donc je suis imprégné de cette culture. J’adore les textes, ils sont très poétiques car, à l’origine, il y avait de la recherche. À l’époque coloniale, cette musique n’était pas appréciée et à l’indépendance les gens ont trouvé que c’était un chant rebelle. La première fois que j’ai assisté à ce type de concerts, c’était à Mostaganem avec cheikh El Manache.

Propos recueillis par Wahiba Labrèche.

Thursday, December 22, 2005

Interview exclusive de Noël Delfin par Marie.

C'est avec une interview exclusive de Noël Delfin, le guitariste de Rachid, que nous inaugurons ce qui, nous l'espérons, deviendra une série de portraits de personnes liées à l'activité artistique de notre musicien favori!

Noël Delfin. Interview exclusive par Marie.
"Nous voulions mieux connaître les personnes qui partagent l'aventure scénique de Rachid. J'ai donc demandé à Noël Delfin, le guitariste qui l'accompagne sur scène, s'il voulait bien répondre à quelques questions. C'est avec une grande gentillesse qu'il s'est prêté à l'interview que j'ai pu faire de lui, tout récemment :

Blog: Comment as-tu découvert Rachid ?N.D: J'ai découvert Rachid Taha grâce à mon frère (François Delfin) qui jouait de la guitare avec lui! Ne pouvant jouer avec Florent Pagny et Rachid Taha en même temps, il m'a demandé de le remplacer. Au début, c'était quelques dates isolées, mais maintenant, je le suis depuis presque 3 ans.
Blog: Comment s'est passée cette rencontre ?N.D: La rencontre s'est bien passée, car je connaissais, par mon frère interposé, des membres du groupe. Rachid et les autres musiciens m'ont bien accepté.
Blog: As-tu une expérience de la scène ?N.D: Oui, je connais bien la scène, le public, et ai une expérience de guitariste de bal. J'ai monté un groupe qui s'appelait Kdn, ou Kokin de nom et qui a tenu le choc 7 ans!!! ... avec des chanteuses ; moi je ne chantais pas à l'époque! C'est quand je me suis aperçu que trouver des chanteurs et chanteuses qui pouvaient exprimer ce que je pensais, était très difficile, que je me suis dit "allez zou, chante, petit!"(rires). Mais j'aime monter sur scène pour jouer des compositions, celles des autres et aussi les miennes!!!Mais il est vrai que depuis que j'accompagne Rachid, je suis monté sur des scènes très grandes, et joue devant des foules ... c'est donc là, pour moi, une première, et ça restera une première à chaque nouvelle entrée en scène, et sur scène!!!
Blog: Parlons un peu de la musique que tu joues avec Rachid :N.D: Si je devais qualifier la musique que je joue avec les autre musiciens ... tout le monde vous dira ... un mix de rock, de traditionnel ...etc ...mais Rachid a été, est, et restera un pionnier, un précurseur, une sorte de ...Léonard de Vinci ...toujours à l'écoute de ce qui se passe sur la planète, de son histoire, de son futur ... humainement, musicalement, philosophiquement ... Il sait lire dans les coeurs ... Sa musique est ce qu'il est, lui!Une vibration unique quoi!!!
Blog: Ta passion pour la guitare est-elle récente ? Joues-tu d'un autre instrument ?N.D: Oh non!!! je suis en quelque sorte « tombé dedans » quand j'étais petit (rires). Mon père était guitariste classique, son truc était de donner des cours de guitare avec passion! Ma mère jouait elle aussi de la guitare!Je joue aussi un peu de « saz », un instrument à cordes turc, mais juste pour me faire plaisir, à la maison!
Blog: Que t'apportent les tournées avec Rachid, musicalement et humainement ?N.D: Les tournées avec Rachid m'ont apporté bien sûr le fait de pouvoir vivre de la musique de façon décente ... mais aussi une maturation scénique, de savoir comment évoluer sur scène auprès de l'artiste, de le sentir, de l'approcher, de reculer, de rentrer dans son show ...car Rachid est un artiste qui laisse les musiciens évoluer avec lui ... Faire partie de son show sur scène, c'est là, le côté « plus » de Rachid ; faire en sorte que les musiciens et le public et lui, ne fassent qu'un! Bien sûr les tournées te font voir le monde différemment : tu apprends à aimer les gens, à les respecter, à apprécier leurs coutumes, leurs gestes ... la différence, quoi!
Blog: Aimerais-tu poursuivre cette expérience encore longtemps ?N.D: Oui, j'aimerais que cette expérience avec Rachid se poursuive, bien sûr!!! Car je pense avoir encore beaucoup à apprendre de lui, de sa musique ... et je pense qu'il puise sûrement le meilleur de ses musiciens! Et le tout forme une « dream team », « la fine fleur de la flore », comme dirait le chanteur Philippe Forcioli (que Hakim a, entre autres, accompagné).
Blog: As-tu néanmoins des projets en parallèle ?N.D: J'ai un projet musical: le trio (voix et guitare, basse et choeur, drum et samples) se nomme "Jus d'Orange". Tout tourne autour de la mise en valeur des 5 sens,(sur cd et sur scene).....dans le but d'attirer l'auditeur, public, à prêter attention aux textes en français. Les textes vont au delà du fait de dénoncer les problèmes de notre siècle; on est dejà dans le fait "d'accepter son prochain , son voisin"... à travers les 5 sens: vous pouvez facilement imaginer sur le cd (un concept de 5 albums) et on stage l'odeur (d'orange), la vue (avec les fumées et lights oranges....!!!), le toucher (avec des objets 3D sur scène... et la pochette en peau d'orange en latex)...
Blog: De nombreux fans qui t'ont rencontré, disent de toi que tu es quelqu'un de chaleureux, sympathique ... Penses-tu qu'un artiste se doit d'entretenir des relations privilégiées avec son public ?N.D: Whaa!!! Je te laisse répondre, toi qui as eu la gentillesse de me poser quelques questions... Mais oui, je pense qu'un artiste, s'il veut partager sa vision, doit, en quelque sorte, entretenir des relations privilégiées avec son public ... Il faut qu'il y ait à un moment une sorte de communion...
Pour terminer, le jeu du « portrait chinois », auquel Noël s'est gentiment prêté :
Blog: Si tu étais un animal: N.D: ........................... je serais un chat
Blog: Si tu étais une chanson:....................... je serais « Stairway to Heaven »
Blog: Si tu étais une couleur:N.D: ........................ je serais la couleur « orange»!!!!!"

Noël Delfin

Sunday, May 15, 2005

Interview de Rachid à Fes

Après leurs photos (indiquées précédemment), www.maroc-portail.info ont publié leur interview de Rachid avant son concert à Fes (Maroc)! C'est ici! Merci à vous pour cette première!

After their great pics, Rachid's interview before his concert in Fes (Morocco) published by www.maroc-portail.info. Here! Thanks for this première guys!

kelma

Tuesday, March 08, 2005

Mont-re-al!

Taha released a few interviews before his Montreal concerts: here is one after which you will find a summary of his past shows in Montreal (in French, from which I'm taking the quotes below)! Another one (in English)! And one to listen to as well!
Taha a donné plusieurs interviews avant ses concerts de Montreal: en voici une après laquelle il y un résumé de ses prestations précédentes dans cette ville(résumé d'où j'ai pris les citations ci-dessous). Une autre, mais celle-ci est en anglais...Et une que vous pouvez écouter à votre aise...

Taha in Montreal 1
photo André Tremblay
«Je pense, donc je danse.»/"I think thus I dance" (Taha, 28 JUIN 2001 - MÉTROPOLIS - FESTIVAL DE JAZZ DE MONTRÉAL)
Photo Martin Chamberland

«Vous ne connaissez pas les mots? Racontez ce qui va mal, c'est pareil!»/"You don't know the words? Tell about what's going wrong, it is the same!"(Taha, 30 JUILLET 2004 - MÉTROPOLIS - FRANCOS de Montreal)


«Je ne suis pas un politique ni un soldat, mais je réponds, par ma musique, à des violences, à des colères.»/"I'm no politician, I'm no soldier but with my music I'm trying to reply to some violences and fits of anger." (Taha, 19-20 JUIN 1998 - SCÈNE EXTÉRIEURE - FRANCOFOLIES DE MONTRÉAL )

More about his tour in Canada? Go back to this former post.

Des infos sur sa tournée au Canada? Retournez à ce post précédent.

Thanks/merci steph et marie!

TV5 interview

Excerpt of a recent concert and bits of interview (with a close-up on the eyes of your favourite singer...). If the link (entitled "Le Mondomix de Rachid Taha") should not work, go to
http://www.tv5.org/TV5Site/musique/accueil.php (or to www.tv5.org and then musique) and search for Rachid Taha, then you will find the link on your own and it will work.

Extrait d'un récent concert et petits morceaux d'interview (avec un joli gros plan sur les yeux de votre chanteur préféré. ben tiens!). Si ce lien intitulé "Le Mondomix de Rachid Taha" ne devait pas marcher, allez à:http://www.tv5.org/TV5Site/musique/accueil.php ou à www.tv5.org, puis allez à musique et faites une recherche pour Rachid Taha, vous trouverez un lien actif vers ce clip.
kelma

Friday, March 04, 2005

Canadian review and interview!

mA glance at Rachid's tour in Canada/Un coup d'oeil à la tournée de Rachid au Canada:
1/3/5 Barrymore, Ottawa
2/3/5 Grand Théatre Québec
3/3/5 Cabaret Music Hall, Montreal
4/4/5 Cabaret La Tulipe, Montreal
5/5/5 Metropolis, Montreal

About this tour, read here for an interview by Nicolas Houle (Le Soleil) and here for a review of Rachid's concert at the Grand Théatre of Quebec on the 2d of March by the same journalist (all in French). The review is entitled Taha Bohu (a game with words: in French "Tohu Bohu" means a big mess! So a "Taha Bohu" is a Taha mess")./Sur cette tournée, lisez ici une interview par Nicolas Houle (Le Soleil) et ici un compte-rendu intitulé "Taha Bohu" de son spectacle à Québec le 2 mars par le même journaliste.

Rachid Québec photo Patrice Laroche

"I am not in concert every day, thus when I'm on stage, it's worth it to give it all! There is no limit!"/ "Je ne joue pas tous les jours, alors quand je suis sur scène, autant tout donner. Il n'y a pas de limite ! "

Wednesday, December 01, 2004

Interviews radio récentes

Recent French interviews/interviews en français récentes:
Sorry for the technical problems we had today/pardon pour le problèmes techniques d'aujourdhui!

Extérieur nuit par Yasmine Chouraki (rfi): http://www.rfi.fr/Fichiers/Magazines/
emissions/societe/exterieur_jour_tv.asp

La bande passante par Alain Pilot (rfi):
http://www.rfi.fr/fichiers/Magazines/
emissions/musique/bande_passante_tv.asp

F.Drouelle et D.Simon, Le treize-quatorze, sur France Inter:
http://culture.radiosfrancophones.org/
flash-sur/taha.shtml

L.Lavige, Onde de choc sur France Inter:
http://culture.radiosfrancophones.org/
flash-sur/taha.shtml

spaceship