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Saturday, February 16, 2008

Rock la Casbah, le livre, enfin sorti!!

photo: source Internet. Si cette photo est à vous et vous voulez la retirer ou la légender, contactez kelma.
Rock la casbah, le livre: Rachid Taha "se livre" et nous met à table!
(par kelma)
Comme promis, la biographie de Rachid Taha, "Rock la Casbah" (Flammarion, collection Pop culture) est sortie, pour toucher les coeurs, le lendemain du jour de la Saint Valentin!

Par "Rachid Taha avec Dominique Lacout", nous dit la couverture! Le bouquin est donc le produit de deux plumes: celle d'un "nègre"- Dominique Lacout, auteur d'ouvrages sur Léo Ferré (Je parle pour dans dix siècles, Chanson du bien-aimé), Bernard Lavilliers (Itinéraire d'un aventurier) et Jean-Edern Hallier (La mise à mort de JEH) - càd quelqu'un qui devait parvenir à écouter et à reproduire les dires de Rachid en leur laissant l'empreinte voulue par ce dernier, et celle de l'objet de la biographie: Rachid Taha lui-même. Les souvenirs et déclarations de l'artiste semblent en effet non seulement fidèlement retranscrits de l'oral entendu par Dominique Lacout, mais constamment entrecoupés de "poésies" écrites par Taha. Ces textes "poétiques" vont et (re)viennent dans le texte de la mémoire, un peu comme des chansons, un peu, disons ... comme ... les refrains dans les chansons, et je dirais même ... un peu comme dans les chansons de l'auteur (mais ceci est un message pour ceux qui les connaissent bien).

Cependant il serait erroné, je pense, de voir dans cette structure un seul effet musical, car le livre va bien au-delà de la métaphore "auto-référentielle" et de la simple biographie! En effet, les "poésies" en question (ou que l'on perçoit comme telles) tantôt soulignent (illustrent, illuminent) un paragraphe, tantôt rapprochent une nouvelle déclaration d'une précédente déjà renforcée ailleurs, dans le livre, par le même "poème" - quoique parfois sous une forme légèrement différente. Et le résultat est surprenant: un récit qui fonctionne comme une véritable "gifle" de dialogue dialectique typique des sessions de poésie slam, sauf que, vu qu' il s'agit ici d'un livre et non d'un spectacle ouvert à la participation de tous, c'est Rachid qui parle avec lui-même, se répond, se dévoile, raconte, déclame, en bref, a cappella tout seul, et nous secoue, par la même occasion, nous qui sommes son public, à qui il offre dans ce show très spécial sa voix écrite, finalement ouverte à tous! A propos de "poésie slam", Rachid Taha avait déjà pré-annoncé son goût pour ce genre lors de deux prestations journalistiques interactives (à Respect Mag et à Télérama en 2007) et lors d'un droit de réponse publié dans le forum de son site officiel. Ces créations sont inclues dans le livre.

C'est ainsi que Taha "se met à nu"- comme il le dit lui-même - en répondant, spontanément en quelque sorte, à la plupart des questions que vous avez toujours voulu lui poser. Une jolie façon pudique, rebelle et conviviale (trois caractéristiques indéniables de la personnalité de l'artiste), non seulement de livrer de la matière à qui a demandé de savoir et de connaître, mais aussi de partager une certaine sagesse tout en restant, entre-les-lignes, un peu caché et donc fidèle à ce qu'il a toujours fait. Le livre se clôt, ce n'est par un hasard, sur trois listes (les livres, films et disques que le chanteur a aimés): autant de pistes pour approfondir, sur notre chemin individuel, ce que l'écriture entrecroisée de Rock la Casbah nous a fait entrevoir en nous mettant à table avec deux auteurs qui ont la même passion pour les bons vins et un certain art culinaire, composé, amalgamé, construit, mais naturel et sensuel, proche du récit qu'on vient de lire en fait**!

* voyez nos posts à ce sujet.
** voir par Dominique Lacout: Carnet d'un amateur de vins, La Bible des Gourmets, Le livre noir de la cuisine. Lien FNAC vers les ouvrages de cet auteur.

kelma
Pour en savoir plus:

Tuesday, January 29, 2008

Echos de Rachid Taha à Bagnolet-city.

Echos de Rachid Taha à Bagnolet-city , (jeudi 24 janvier 2008).

Un compte-rendu exclusif du concert par Aliciasoy, pour le tahafanblog!


Il y a peu, j'apprends que Rachid Taha se produit à Bagnolet. Je bois du p'tit lait.
C'est d'emblée décidé : je serai de la partie. Après tout, ce ne sera jamais que la troisième fois en un an.
19 heures 30. Bagnolet-city, l'un des derniers bastions rouges du sud-est parisien, a beau m'être familière, je jette néanmoins un coup d'oeil sur un plan de la ville. Objectif : dénicher le Gymnase Maurice Baquet, transformé, pour l'occasion, en salle de concert. Pas si facile, en réalité! Lardée de part en part par une autoroute, défigurée par un urbanisme chaotique, cette asphalteville dionysienne, couchée le long du périphérique, a des allures labyrinthiques, la nuit. A vol d'oiseau, le dit gymnase est à dix minutes à peine. J'arriverai finalement à bon port...à 20 heures 30, pile.
A peine ai-je le loisir d'allumer une cigarette dans le froid hivernal, en compagnie de quelques accrocs, restés à l'extérieur - santé publique oblige - qu'un mouvement soudain invite à s'engouffrer dans le ventre du bâtiment où des sifflements joyeux m'annoncent l'entrée on stage de Rachid et de ses vieux complices : je veux nommer, Hakim Hamadouche, virtuose du mandoluth, Rachid Belgacem et sa fidèle darbouka, Christian Bannet guitariste bassiste hors pair auxquels s'ajoutent, dixit Rachid, "des musiciens locaux" de Bagnolet, Montreuil et Romainville, dont Stéphane. Comme d'hab’, Rachid a la classe de luxe! Costume noir sur chemise blanche et cravate ébène faussement débraillées, lunettes noires seyantes ne masquant pas le regard. Elégance rime ce soir avec sobriété, n'était ce couvre-chef neigeux, quelque peu rigolo enfoncé jusqu'aux oreilles, mi-bonnet, mi-calot, dont je ne saurais préciser le nom.

Face à la scène, s'agglutinent sagement les aficionados, les plus paresseux ayant investi les gradins, hauts perchés, en fond de salle. Présentations rapides, petit clin d'oeil au public "c'est toujours communiste ici?", déjà montent, lancinantes, les premières notes d' H'asbu-hum. Au centre, de l'estrade, comme rentré en lui-même, d'une voix qui peine à s'offrir, Rachid scande ce chant magnifique dans un lent balancement corporel proche du rituel. Shuf, Kelma, Bent Sahra, Rani, l'envoûtement va crescendo, au rythme des morceaux qui s'enchaînent, tous plus beaux les uns que les autres. Enveloppé par la brume d'une lumière safran, le corps se détend, se déplie, s'ouvre à la danse, à la fois gracieux et empreint de fatigue.

Sage, la salle est quant à elle, captée par une atmosphère à la fois étrange et prenante. Au sein de la multitude, telles des pépites, certains regards braqués vers notre snake charmer semblent hypnotisés, dans une sorte de communion musicale et affective. Lors d'un court intermède, histoire d'interpeller une partie du public qui tarde à se lâcher, Rachid, lance, non sans humour, sa petite pique politique : "Sarkozy, tout n'est pas de sa faute... vous avez c'que vous avez mérité!... Y fait même pas la différence entre Brigitte Bardot et Carla Bruni". Sourires d'un côté, visages fermés de l'autre, je pouffe de rire, mi-amusée, mi-pétard : Eh! Rachid, tu charries. Ici, alentour, c'est pas vraiment un nid de sarkozystes.

Dans la foulée de ce petit laïus, la chanson "Ah! mon amour", redonne du peps aux plus coincés. Les visages s'éclairent, les hanches ondulent, et les bras s'envolent. Décidément, y'a qu' l'amour pour réchauffer les coeurs. Et ca recommence avec "Voilà, Voilà". Incontournable, la chanson n'a pris une ride : toujours d'actualité.
Déjà 22 heures. Rachid est sous les projecteurs depuis plus d'une heure. Performance éreintante à n'en pas douter, il annonce qu'il sonne la pause par un "je vous laisse avec Hakim", et quitte les feux de la rampe, sous l'oeil, interloqué et quelque peu inquiet des premiers rangs. Accompagné magnifiquement à la darbouka par Rachid Belgacem, Hakim Hamadouche prend le relais avec son mandoluth pour nous offrir un brillantissime intermezzo arabo-andalou. Forçant l'admiration, sa voix d'or envahit tout l'espace et plonge l'auditoire dans un silence teinté
de recueillement.


Un quart d'heure plus tard, Rachid reprend du service, tel un phénix. L'interprétation de "Ecoute-moi camarade", est un vrai délice. Facétieux à souhait, aérien, Rachid prend un plaisir évident à mimer le pigeon, le pauvre con énamouré de la chanson : dans la salle, on savoure et participe joyeusement. Avec "Ya Rayah", et "Barra, Barra", on monte à la vitesse supérieure : la voix rauque et chaude embrase les coeurs, la gestuelle fait tressaillir les tripes et désinhibe les corps. Même les gradins alanguis sont enfin debout !

Applaudissements à tout va, danse, cris, sourires au fond des yeux, et fou rires complices, le magnétisme de Rachid relève à chaque fois, et cette fois encore, de la magie. Le groupe quitte la scène puis revient pour un dernier feu d'artifice avec "Garab". Félin jusqu'au bout des griffes, Rachid fait vibrer à fond sa fibre sensuelle, jeux de hanches à l'appui pour n'en pas dire plus... Irresistible et désopilant : "le meilleur médicament!" Dernier round, pour un dernier titre-culte. Evoquant la première guerre d'Irak en 1991, Rachid rappelle que les GI's pénétraient dans les villes en chantant la version originale des Clashs, en signe d'insulte: d'où sa décision de réaliser "une version bicot" de Rock-el-Casbah.

Explosif ! Ce soir, il a cassé la baraque.

ALICIASOY


Pssst! Suivent sous peu d'autres photos exclusives du concert!!! Retournez nous rendre visite! Soon more exclusive pics of the Bagnolet concert! Come back and visit!

Saturday, March 17, 2007

Rachid et ses invités surprise au Pulp le 14 mars: photos exclusives!

Rachid au Pulp: flyerRAchid au Pulp: flyer Ceki nous envoie ses photos du Pulp où Rachid Taha a bien fait, comme nous l'annoncions précédemment, son petit concert perso, avec ses "rythmes trop bicos", ce mercredi 14 mars.
Des invités-surprises étaient annoncés et on y a vu -et les photos en sont la preuve!- au micro ou aux platines c'est selon:
-Bruno Maman, complice de toujours, déjà visible sur le clip de Indie (album Rachid Taha, 1993), mais aussi présent sur Diwan2 (cliquez sur le lien pour l' actualité musicale de Bruno Maman);
-Jacno, ancien guitariste au sein des Stinky Toys dès la fin des années 70, l'un des premiers punks français, a formé en 1980 avec la chanteuse du groupe, Elli Meideros, sa compagne d'alors, le duo Elli et Jacno, mais il n'a pas participé, semble-t-il, aux activités musicales da la soirée;
-Mouloud, fan de hip hop, ex animateur vedette de MTV France passé en 2006 à Canal Plus pour y tenir une chronique matinale « La Vie De Mouloud », courte émission qui présente les coups de coeur de Mouloud et des reportages sur la nuit;
-Ariel Wizman, autre personnalité de Canal Plus (C'est pas le 20 heures, Nulle part ailleurs), journaliste (Actuel, Max, Vogue...), animateur radio sur Radio Nova et France Inter, d'origine juif séfarade, a débarqué du Maroc de Casablanca au début des années 70, et a en commun avec Rachid le fait d'avoir passé une partie de son enfance en Alsace;
-Ramses du duo ragamuffin made in Paris Sai Sai (avec Mr Ricky), également animateur radio sur Carbone 14, radio Ici & Maintenant, radio Nova et radio Aligre;
-Remy Kolpa Kopoul, personnalité de Radio Nova où il se déclare "Connexionneur", DJ, journaliste de presse écrite, auteur et producteur de télévision, programmateur de festivals, concepteur de soirées, acteur, il est surtout l'un des premiers à défendre en France les « musiques d'ailleurs » (et en particulier celles du Brésil: il fait tourner Chico Buarque, Joao Gilberto, Gilberto Gil, Caetano Veloso, Jorge Ben, Joao Bosco dans l'hexagone);
-Amina: chanteuse et actrice, née en Tunisie d'un père français et d'une mère tunisienne, arrive en France en 1975. Alors rappeuse, elle est découverte sur Radio Nova, plaque tournante en matière de world music dans les années 80, puis elle s'oriente vers des sons plus "ethniques" ou "métissés". En 1991, elle a été lauréate du Prix Eurovision avec "Le dernier qui a parlé".

de g. à dr. et de ht en bas: Jacno, Bruno Maman, Ramses, Mouloud, Remy Kolpa Kapoul, Ariel Wizman, Amina
Et voici nos photos exclusives où vous reconnaitrez tout ce petit monde, mais aussi quelques membres de la band, comme Rachid Belgacem (percussions), Hakim Hamadouche (mandoluth)ou Yves Aouizerate (keyboards - ce dernier avait d'ailleurs enregistré "L'esprit du Sound" avec Sai Sai en 1998: comme on dit... le monde est petit!) :





Wednesday, November 02, 2005

Compte-rendu concert de Vienne: exclusif!



RACHID TAHA
Le 22 octobre 2005, Festival Salam Orient, Szene, Vienne (Autriche)


Un compte-rendu par Lejla.

En bref: Un bon concert d'un auteur accompli avec une bonne équipe: substantiel, professionnel, fluide sans être "routiné" et correct, quelques surplus aussi; pas de longs discours, peu de signes de fatigue après une tournée bien longue. Les morceaux de son dernier album Tekitoi (à peu près 1/3 du répertoire, les 2/3 des albums antérieurs) montrent les signes de kilomètrage joué depuis 2004. Bonne atmosphère familière de l'espace club. Pas sans émotion, plutôt le contraire, mais quand même pas un tour de force d'un bout à l'autre, comme Rachid Taha l'a déjà fait, au moins une fois en 1997; sa musique ne cesse d'évoluer du bien au meilleur (un long chemin depuis ses débuts en solo!), mais on peut spéculer que sa présence et présentation scéniques étaient au top à cette époque-là (ou est-ce la surprise d’un nouveau répertoire combiné au souvenir lointain qui fit la magie mémorable de cette journée de Radio Beur au Zénith de Paris?) et que depuis il souligne plus ses qualités divertissantes et moins sa poétique; un parcours bien pour les énergies éclatantes-fête du concert, pas si bien pour les énergies qui t'emportent.

Morceau par morceau: On entre quelques minutes après 20h, la salle est remplie du son de N'sel fik, vieux pop raï classique de Fadela et Sahraoui. La salle est petite, pas pleine, mais assez remplie déjà. On n'est pas en retard et on peut même trouver une bonne place pour voir et pour entendre. Le support, qu'on attendait plutôt après, DJ Zipflo, est caché du côté gauche de la scène (perspective scène, donc droite perspective auditoire) et passe ses raï oldies goldies pour encore une bonne demi heure. Ce qui fascine c'est la préponderance des filles et des femmes dans la salle, surtout devant: presque pas d’hommes! C'est a cause de quel ingrédient secret du son Rachid Taha?
La scène est préparée, y a un tabouret près du micro (alors Rachid va commencer assis?), les machinistes s'occupent des détails. A environ 20:40 quelqu’un enlève le tabouret (tiens, pas encore cette fois qu’on verra Rachid Taha chanter assis!) – et c’est le début avec Mamachi debout. Une belle évolution depuis août 2004 quand on l'entendait à Sziget (Budapest, Hongrie) à la première et que les voix ne fonctionnaient pas bien du tout, contrairement à la version studio où ça marche bien. Là, à Vienne, Rachid ne le gronde pas trop, il le chante, voix assez douce et mélodique, aussi un peu mélismatique à l'arabe (certes, comme il le fait lui, avec beaucoup plus de poétique rock vocalique hyperexpressive). Puis vient Shouf, ou Nokta, bon ... les deux, l'ordre est toujours discutable, la scène est assez petite et surchargée. Depuis le début des années 90 le côté droit est réservé à l'électrique et à l’électronique – il y a là Yves, presque depuis toujours lui aussi, puis Noël et Idris, depuis environ 2002 – et le côté gauche aux acoustiques – y a Hakim comme toujours et puis, tiens, pas de Rachid B. même s'il était sur l'affiche, l'homme à la darbouka à l'air familier, mais qui sait d'où et pourquoi? – alors que avec la batterie (Guillaume, tout frais dans le groupe) derrière, Rachid tient le centre, comme toujours, et favorise cette fois-ci son côté gauche (l'auditoire à droite) dans ses mouvements, probablement à cause du manque du place sur la scène à sa droite. Il porte pantalons en cuir, chemise + lunettes (les mêmes que sur les photos prises par enta dans ce blog) et veste (voir les photos de Crozon, je crois) et une chose géante plutôt sombre avec une emblème sur la tête qui ressemble à un bonnet à poil ou kutchma. Puis des bijoux: un pendentif-corne et des bracelets au poignet gauche, pas de bagues. Après c’est Kelma. Pas de discours, Rachid parle très peu pendant tout le concert; il semble avoir oublié ou il ignore délibérément ses déclarations scéniques d’il y a plus que 10 ans («N’attendez pas que je vous dise: levez les bras, faites ooo-eee ! J’aime pas du tout ca, moi ... si vous avez envie de le faire, allez-y ... je fais pas du social, je fais un concert!») . Alors ici il lève les bras et montre comment taper dans les mains: quand on suit sa majesté tap-tap, il se tape le coeur avec un grand sourire. Je dis Kelma parce que le rythme serait approprié à cette chanson, mais c’est possible que cela ce soit passé plus tard pendant le concert: y avait plusieurs occurrences, mais une seule bien rythmée. Puis viennent Hasbouhum et Medina, interprétation et communication moins légères, plus sérieuses, est-ce que c’est ici que Rachid chante beaucoup dos au public? Possible (mais possible plus tôt aussi).
De Bent Sahra on a vu et entendu de meilleurs interprétations que celle-ci, c’est bon, mais sans un surplus remarquable & mémorable. (Ou bien c’était si mémorable qu’on ne se rappelle plus parce que c’était trop?) Est-ce ici qu’on a ri parce qu’Idris joue de la basse comme d'un tambour avec un tel élan? Barra c’est grave, ça touche, le chanteur et les enchanté(e)s: silence alors ... Avec Safi on se retrouve bougant les lèvres avec ‘ana gelbi safi nebghi el hub zahwani ... safi safi zahwani’ – obsessionnel, hein? Au concert ça marche encore, mais il faut prendre garde de ne pas s’écrier d’un coup ailleurs une autre fois (disons dans un métro de matin).
Puis le vide, le noir, les sons du mandoluth et de la darbouka seuls qui restent sur la scène mal éclairée. Hakim chante aussi, en arabe, mais avec un timbre kabyllique, c’est familier, on retient les mots ‘sabri’ (pas plus), les familles arabes des bébés aux vieillards qui se mettent en avant, dansent. (C’était lequel ce morceau intermezzo, qui sait?) Le son s’entrelace avec Ya Rayah et le retour sur scène de tout le monde pour une fête générale de la nostalgie. Rock el Casbah et Habina, l'ordre m'est égal, cela ne veut pas dire que je n’apprécie pas la dramaturgie du concert R. Taha, il en a, ça bouge autour aussi, des fois ça enchaîne bien, des fois y a des pauses, comme s’ils changeaient, cherchaient leur répertoire. Est-ce que dans Habina R. Taha chante la partie à mélismer avec pathos (Ya lail ghanni, el-houb baa'douh B-Awallouh ...) comme jamais avant ou était-ce le moment de la présentation des musiciens? Les deux? Comme la mémoire est-elle fugitive! Ken ya maken ... il était une fois et il n’était pas ...
Coupez! Silence! Y a-t-il un encore? Certes, ça prend du temps – mais les voilà. Un riff qu'on a reconnu d’un autre concert dans un autre temps & lieu, puis Meftouh sans doute. On m’avait dit qu’il ne joue Meftouh presque jamais en concert, alors on a la chance de l’entendre en direct et bon. Est-ce là où Rachid joue avec une serviette (rouge?), l’agite au-dessous de sa tête, l’enveloppe autour de son cou, de ses épaules? Si c'est pas là, alors c’est avant ou après, heu... Suit Ida, pas un de mes morceaux préférés, mais cette fois-ci un morceau génial, le début un peu lourd et inarticulé, mais l’enroulement facile et émotif et les exercises de style bien faits; cela a dû être fort: le lendemain je me réveille avec les voix de Rachid dans les oreilles et cela persiste pendant toute la journée. Hélas pour Garab – un morceau qui place pour moi R. Taha irrévocablement sur le tableau de l’histoire de la musique, à jamais au sein des grands classiques anciens et contemporains, mais jusqu’ici pas une version concert qui puisse égaler la version studio (alors que d’habitude c’est le contraire!). Un morceau trop difficile à rendre sur scène dans toute sa richesse (malgré les matrices) ou simplement un manque de chance pour moi? Donc ici une version brève, pas bien graduée, sans discours, quelques paroles originales interprétées sympa sur des airs des autres sons, mais loin d'un tour-de-force vocalique et rythmique, et pour conclure un hard thrashid à toute vitesse. Pressés de s’en aller? Allez, ça y est. A la prochaine! Ile liqa. Ciao ...

Saturday, June 11, 2005

Exclusive article on the Festival Art Rock de St-Brieuc

Festival Art Rock de St-Brieuc (France).

The concert as if you were there and the interview carried out by Ray Cokes for France4 / Le concert, comme si vous y étiez (ou presque ...), suivi de l'interview réalisée par Ray Cokes pour France4.

An article written in exclusivity by marie (who watched the concert and the interview for us on TV) for the tahafanblog / Un article écrit par marie (qui a regardé le concert et l'interview à la télé rien que pour nous) en exlusivité pour le tahafanblog.

"France 4 était en direct de St-Brieuc ce samedi 4 juin. Et Rachid Taha faisait bien entendu partie de l'affiche du Festival Art Rock.
Devant une foule qui a véritablement fait écho au dynamisme du groupe, il a interprété 3 morceaux dont le succès de son dernier album « Tékitoi » : « Rock El Casbah ».
« Habina » a ouvert la prestation scénique. Rachid était « monochrome », tout en noir, les lunettes, le pull, le pantalon de cuir ... L'ambiance était, comme à l'accoutumée, très festive! Quel farceur ce Rachid : tellement ému qu'il en a perdu le fil des paroles ...Mais tout est vite rentré dans l'ordre ...
L'interprétation plutôt « rock » laissait la part belle à la guitare et au luth. Ce soir-là, ce n'était pas Hakim, mais Medhi qui officiait. « C'est un autre style, un autre luth. Il joue avec des pédales pour colorer son son et c'est très original, en restant traditionnel », comme l'explique Noël, le guitariste du groupe.
Avant d'interpréter la chanson suivante, Rachid s'est adressé à la foule, tel le porte-parole de José Bové. Il a parlé de « poulets sacrificiels », « ...pas des poulets qu'on peut trouver chez Leclerc ou Carrefour... ». « ...C'est un poulet qu'on pourrait trouver en Bretagne, parce qu'il paraît qu'en Bretagne, y'a de l'espace, et qu'on peut élever les poulets en plein air ... ». Le public, sûrement en majorité breton ???, était ravi!
Changement de sujet : on passe des « poulets » au « rock »! Rachid présente la chanson suivante « Rock El Casbah » en précisant que c'est bien entendu un hommage à Joe Strummer. Mais il ne s'arrête pas là. Non, cette chanson c'est aussi « ... une réponse aux G.I.... » Oh la la! Une vague de protestation semble s'élever sourdement du public... Et là Rachid d'ajouter : « Hé, taisez-vous! Si vous ne voulez pas faire de politique, c'est pas avec moi, OK ? » Et vlan!!! Silence dans la foule ... Et il enchaîne « ...il faut dire les choses ... », « ...les G.I. pendant la première guerre du Golfe s'en sont servis pour attaquer l'Irak, et moi, 20 ans après, je voulais faire une espèce de « Douce France » pour les américains, lalala ... ». Et il termine en apothéose : « ...parce que la bombe de destruction massive, elle est là, baby ... ».
« Rock El Casbah », c'est la symbiose totale entre le groupe et le public, déchaîné! La version CD s'est enrichie, ce soir-là, de riffs improvisés à la guitare et au luth! Puis ...déjà...les dernières notes ...Le groupe repart calmement en coulisses.
Mais le public en veut encore!!! Alors ils reviennent tous sur scène, et le son du derbouka se fait entendre ...Rachid (l'autre bien sûr), interprète les premières mesures de « Garab ». Yves (aux claviers), entonne les « Garab, garab » d'une voix très grave.Rachid s'adresse à nouveau au public, en parlant de cette chanson : « ...je vais l'adapter pour vous ce soir ... » « ...je suis le Docteur de St-Brieuc, ce soir ... » et il présente un à un ses « musiciens-médecins », en commençant par Noël Delfin, à la guitare. Idriss Badarou, lui, (le bassiste) est, selon les paroles de Rachid :
« ...l'un des plus grands psychiatres d'Afrique...parce que Freud n'a fait qu'imiter les Africains, les sorciers, les chamans ... ».
« Garab » clôturera leur passage sur la scène du Festival. Juste avant que le tempo ne s'emballe, Rachid ne manque pas de crier au public : « ...aie aie aie, ça va péter le feu, là!... ». Et le feu, Rachid et son groupe l'ont allumé ce soir-là!!!
C'est à genoux, sur la scène, qu'il terminera dans une « douce transe », avant de rejoindre définitivement les coulisses...


Interview de Rachid Taha par Ray Cokes.


Quelques instants plus tard, Rachid va rejoindre Ray Cokes, qui l'attend dans la caravane de France 4 pour une interview.
Un autre chanteur est déjà là : Stephan Eicher. Rachid arrive, heureux, mais un peu épuisé quand même, il a encore sa serviette sur les épaules.
Les deux artistes sont visiblement heureux de se voir.
Rachid nous apprend qu'ils se sont connus aux « Nuits Bleues », un festival qui s'est tenu à Villeurbanne, près de Lyon, au théâtre du 8ème, il y a une bonne vingtaine d'années, et dont le Directeur n'était autre que Jérôme Savary.
A Ray Cokes qui lui demande s'ils ont déjà joué ensemble, Rachid répond : « on s'aime trop pour jouer ensemble. » et Stephan Eicher ajoute : « C'est vraiment une amitié d'enfance ... ça me ferait un peu peur de briser un truc qu'on a entre nous.... Il était encore dans Carte de Séjour. C'était pas « Rachid Taha ». On a eu plein d'amis ensemble qui sont disparus... on était longtemps sous le même label ».
Rachid évoque également son manager de l'époque, qui est devenu ensuite celui de Rodolphe Burger, de Kat Onoma. Rodolphe Burger qui a, comme lui, habité Ste-Marie-aux-Mines, en Alsace.
Stephan Eicher en profite pour parler gastronomie régionale et demande à Rachid :
- « Comment tu fais la choucroute, toi ? »
- « Je ne fais pas de choucroute, moi. », lui réplique Rachid.
Rassurez-vous, Ray Cokes ne s'est pas transformé en Maïté de service ... La discussion reprend un ton plus musical.
Rachid nous parle de sa prestation de ce soir, et précise qu'il est un peu fatigué parce qu'ils ont fait pas mal de dates ces temps-ci.
Il rappelle les deux concerts de Moscou et St-Pétersbourg, qui se sont faits avec Brian Eno, et Steve Hillage. Surprise de Ray Cokes qui croyait que Brian Eno n'avait participé qu'à l'enregistrement de l'album « Tékitoi ». Rachid renchérit, très fier d'annoncer, en direct, que Brian Eno a refusé de nombreux groupes parce qu'il voulait : « chanter avec Rachid Taha ». Puis il évoque son récent duo avec Robert Plant (un ex-Led Zep) et annonce sa collaboration future avec une grande du rock : « Patti Smith », le 17 juin prochain. Ray Cokes et Stephan Eicher, verts de jalousie, ne se sont pas privés de lui dire. Mais la décence m'interdit de vous retranscrire ici le qualificatif qu'ils ont employé à son égard. Pssst, ça commence par un « S » et ça finit par un « D ». A vous de trouver!!!
Il explique ensuite la façon dont son dernier album a été conçu. Il précise que c'est Steve qui joue à la guitare, et qu'il s'est occupé des « trucs orientaux ». Lui, s'est réservé la partie guitares. Pour lui, c'est plus intéressant de procéder de cette façon, parce que ça apporte un « regard extérieur » sur la musique. Il nous rappelle au passage, qu'il a grandi avec Elvis, Bollywood, Bourvil, Francis Blanche, Peter Sellers : toute une époque!!!
Ray Cokes flatte sa reprise de « Rock the Casbah ». Lui se souvient l'avoir entendu à l'époque où il suivait la mode « punk », alors qu'elle était interprétée par les légendaires Clash. Il lui demande si il la chante dans les pays maghrébins. Ce que Rachid acquièsce bien sûr, ajoutant même au répertoire « Safi » et « H'asbu-hum », qui sont selon lui des « manifestes très politiques ». Il précise qu'il a joué en Egypte, Jordanie, au Maroc. Lorsqu'il a joué à Fès, il y avait 800 personnes dans la salle, et 3 000 dehors. A chaque fois, il ressent ça comme une « douleur » et s'offusque du manque de liberté de la presse, et de pensée. L'optimisme s'en est allé loin de lui : « moi, je suis vachement pessimiste par rapport à ces pays-là! », ajoute-t-il.
Finalement Ray Cokes lui demande si on peut changer quelque chose avec la musique. Rachid dément totalement . L'animateur revient à l'attaque en disant qu'on peut « peut-être changer le monde ?... » . Mais Rachid reste catégorique, conforté d'ailleurs par Stephan Eicher qui fait le même constat amer : « la musique, le cinéma, le théâtre, ne changent rien, les livres, oui..???. »
L'interview se terminera par une note plus « légère », Rachid se demande, surpris, pourquoi le portrait de David Hasselhof, l'ex-sauveteur de Malibu, trône sur le bureau. S'ensuit une discussion, comme on peut en entendre dans les cours de récréation, entre des gamins :
« ah oui, K2000!», répond-il à Stephan Eicher qui lui demande s'il connaît sa musique. « Oui, la voiture qui parle! », renchérit ce dernier qui brandit la photo et proclame, ironiquement : « ça va être le Président de l'Amérique, bientôt ... parce que sa musique a changé le monde!!! ».

Info : site du Festival : http://www.artrock.org/ (voir dans la galerie, photo 17) et plein de photos ici/here! "


An ooold pic of Ray Cokes

FOR TRANSLATION INTO OTHER LANGUAGES GO HERE.

Monday, April 18, 2005

Grenay concert exclusive review


Marie (thaaaanks!) is sending us her review of the Grenay (France) concert on the 8th of April. And there are photos too: here!
Marie (mer-ci!) nous envoie son compte-rendu du concert de Rachid à Grenay le 8 avril. Et il y a des photos aussi: ici!


Rachid à Grenay.

"Vendredi 8 Avril - Grenay, une petite ville du bassin minier dans le Pas-de-Calais, accueille ce soir-là, Rachid Taha, dans le cadre du Festival "Les Enchanteurs". C'est la première fois que je vais assister à un concert de Rachid : j'ai le coeur qui bat la chamade ... Le public est là, il attend ...La salle est de taille idéale, pas trop grande. Il n'y a pas de chaises : au moins ça permet au public de bouger et de danser aisément!
Il est presque 21 heures ... Les musiciens commencent à s'installer sur la scène très faiblement éclairée. Puis ... tout à coup ...le voilà!!!! ... Rachid fait son entrée sur scène, tout de cuir noir vêtu. Il porte un béret (pour celles -ou ceux, pourquoi pas- que ça intéresse, il avait le même collier que lorsqu'il est passé chez Ardisson). Enfin!!! me suis-je dit. Depuis 3 ans que je ne le voyais que par le biais de photos, de vidéos, il était enfin là, en chair et en os, devant moi! Il m'a fallu un moment pour réaliser quand même ... J'avais réussi à me faufiler jusqu'au 3ème rang devant la scène, presqu'en face de l'artiste. J'avais une parfaite vue de l'ensemble du groupe, et le son était impeccable!
C'est le magnifique "Yamess" qui a ouvert la soirée : déjà à ce moment-là, nous étions transportés à mille lieues de la salle ... Et le dépaysement a continué avec "Nokta", s'est prolongé avec "Shuf" que je considère personnellement comme "le petit bijou" de l'album. La "tracklist" était un habile mélange de chansons du dernier album (Mamachi, H'asbu-hum, Safi, Shuf, Tékitoi, Rock El Casbah) et d'autres plus anciennes : "Ida" (là, le public était survolté), tout comme lorsque le groupe a entonné les premières mesures de "Bent Sahra" et de "Rock El Casbah". Le classique "Ya Rayah" a fait bouger les plus récalcitrants, une charmante demoiselle est même venue danser sur scène, aux côtés de Rachid. Il nous a aussi magnifiquement interprété "Barra barra", "Kelma" (version très rock), "Medina" (qui a transformé la salle en dance-club), "Habina" (en version plus rapide que la version traditionnelle).
Vers la fin du conhcert, Rachid a lancé au public : "maintenant, c'est à la carte!". Alors, ça fusait de toutes parts : "Abdelkader!", "Voilà!Voilà!", "Douce France!", "Zoubida!" ... Mais Rachid nous a servi la suite du "menu du jour" : Yves (habituellement aux claviers) est arrivé sur le devant de la scène, et tous deux se sont prêtés au jeu de "ping-pong" de "Tékitoi" : c'était super!
Il y a eu un très bon feeling entre Rachid, son groupe (toujours très complice!), et le public!!! Les youyous de la salle faisaient écho à la voix de Rachid et à la musique! C'était comme une grande fête de famille, rassemblant plusieurs générations! Dans les premiers rangs, une dame lui faisait penser à sa mère, nous a-t-il dit plusieurs fois. Il y avait aussi des enfants, qui avaient l'air de passer un bon moment, dansant et frappant dans les mains. A un moment d'ailleurs, Rachid s'est adressé à eux, façon Jacques Martin dans "L'Ecole des Fans" (pour celles et ceux qui s'en souviennent) : "Et il est où ton tonton, ...?".
Les chansons ont été entrecoupées de petits apartés, comme il en a l'habitude, rappelant parfois l'actualité. Il a entre autres parlé du Pape. A son propos, il a dit que malgré sa prise de position contre le préservatif ..., "c'était quand même un pape intéressant". On a aussi eu droit à quelques bons jeux de mots dont il est friand et que le public appréciait visiblement. Je vous passe les "Coran alternatif" et autres, que les fans connaissent déjà. Ce soir-là, j'ai découvert le "Couscousclan". Rachid nous a également dit : "Ici, c'est les mines et une nuits!". Avec une phrase comme-ça, c'est sûr, on ne regardera plus le paysage avec les mêmes yeux. C'est comme si, d'un coup de baguette magique, les corons, les terrils ... étaient devenus "palais des 1001 nuits"!!! Un "Enchanteur", vous dis-je !!!...........
Un peu plus tard dans la soirée, pour la plus grande joie des fan(e)s, Abdel (le batteur), qui devait sûrement avoir très chaud, a ôté sa chemise. Woaw!!! Mais Rachid, lui, n'a ôté que son béret . Dommage!!! Pourtant il y avait une sacrée chaleur dans la salle, dans tous les sens du terme!!!
C'était la première fois que je voyais Rachid sur scène, ce soir-là, et je dois dire que j'en ai pris plein les yeux et les oreilles! Ça a vraiment été 2 heures magiques!!!!!!!!! Pour le plus grand plaisir de toutes, et de tous, Rachid s'est transformé, le temps d'une soirée en un adorable "Merlin" ....."L'Enchanteur" bien sûr!!!

marie (some rights reserved)"

Recent photo by Sherif Sonbol from Rachid's concert in the MiddleEast
Not a pic from Grenay, but a beret photo for sure!
P'têt pas une photo de Grenay, mais une photo de beret c'est sûr!

kelma

Saturday, April 02, 2005

Exclusive review Elysée Montmartre concert!

Enta, woaw, now you're sending us the pics AND review of the Elysée Montmartre concert (Paris)???!!! I cannot believe it! Thanks is not strong enough! Hey! You, fans, enjoy first the review! Pics are following... Right under the review in French you will find a translation in English!!!!

Enta, woaw, maintenant tu nous envoies des photos ET un compte-rendu du concert de l'Elysée Montmartre (à Paris)???!! J'en crois pas mes yeux! Merci n'est pas assez fort! He, vous, les fans, dégustez d'abord le compte-rendu! Les photos suivent...

Concert Rachid Taha, Elysée – Montmartre – 1er avril 2005

1ère partie : Factory
durée concert 1 h 50




Début : 20 h 15 (tenue : pantalon et manteau de cuir rouge, chemise violette, chapeau noir à motifs violets ; plus tard : tarbouche turc rouge assorti)
Mamachi
Nokta entrée Brian Eno
Kelma
Hasbu-hum
Medina
Bent Sahra entrée Steve Hillage
Barra Barra : magistral
Shuf
Safi
Habina très rock
Ya Rayah (intro Dahmane, Mamachi etc…)
+trash : la plus belle version que j'ai entendue
Rock el casbah
21 h 40



Rappel > 21 h 45 (tenue, pantalon de cuir noir et chemise brillante, gris rose avec les écailles)
Ida
Tekitoi entrée Christian Olivier
Garab
22 h 10

Webeuses, Webeurs (ça vous rappelle quelque chose les anciens ?*), je rentre (très tard) d'un concert de rock. Vous en doutez ? Et bien, je vais essayer de vous convaincre !
Ce soir a l'Elysée Montmartre, nous avons eu droit à un son unique qui n'est pas prêt de se reproduire, je pense (merci à Benoit aux manettes !). Ceci dit, il semble que cela se devrait se reproduire en Russie au mois de mai… mais, là, je n'y serai pas !!!!
En plus de la formation habituelle, en effet, deux artistes majeurs de la scène rock – pop britannique étaient venus d'Angleterre pour le fun, pour le plaisir de jouer avec Rachid (il suffisait de voir leurs sourires sur scène : l'un d'entre eux ne vous surprendra qu'à moitié, puisqu'il s'agit du complice de Rachid : Steve Hillage (avec en coulisses Miquette) ; mais ses riffs célèbres ajoutaient un son particulier et venaient se mêler à ceux plus familiers de Noël Delfin.

Mais la surprise de taille était la présence pendant tout le concert de…. Brian Eno… avec ses percussions, ses machines et les backing vocals qu'il a assurés sur tous les titres… il avait travaillé les paroles aussi !!!!! Et il fallait voir sa mine réjouie pour savoir qu'il ne faisait pas semblant (à quoi bon, d'ailleurs ?) : il y prenait un plaisir évident.

Un son rock donc, tout à fait particulier que je n'ai jamais entendu auparavant dans la bonne douzaine de concerts récents auxquels j'ai assisté. Tous les titres étaient rockés, le bédouin de Bent Sahra, Habina, Medina…
Le ton était rock !!! Et il aura fallu passer par la scène britannique pour que Rachid obtienne son permis de rocker en France !!! Et oui, n'oublions pas qu'il y a tout juste un an, le directeur d'une revue de Rock connue en France a demandé à un journaliste s'il "se portait garant" de Rachid Taha en tant que rockeur, avant d'accepter de publier un papier sur lui !!!

Le public : nombreux, chaleureux, dansant dès le début, très franco-français, alors Rachid les a convaincus d'apprendre quelques mots français nouveaux : choufe choufe (Shuf) ! (Regarde) ; Safi, s-a-f-i : pur (de la même famille que soufisme…). Autre clin d'œil, avec la complicité de Hakim et son mandolute: un hommage au chanteur flamenco Camaròn : "Ça, c'est de l'espagnol ancien qu'on appelle l'arabe….".

Quelques remarques :
-On va arrêter de dire "Olé" ; ils vont croire qu'on parle de religion !
-Je vais pas citer le nom de Bouteflika parce qu'il faut arrêter de dire des gros mots…

Enta copyright 2005 Creative Commons License

Here is the translation into English:

Concert Rachid Taha, Elysée – Montmartre – 1er avril 2005


Dearest Webbers and Webbettes*, ( hey you oldest fans, don’t you remember these old words?), I ‘ve just come back (very late indeed!) from a rock concert. You are in doubt? Well, I will try to convince you it was!!
This evening, at the Elysee Montmartre, we had the privilege to hear an unique sound, and it will not happen many other times, I think (thanks Benoit for the great production!). Having said that, it seems it will be repeated in Russia in the month of May.... but I won’t be there!!!!
As well as the usual line-up, yes indeed, two major artists of the British rock scene had come from England, for the fun, for the pleasure of playing with Rachid ( it was enough to see them grinning on stage to understand that). One of them should not be too much of a surprise for you, since he is Rachid’s accomplice: Steve Hillage (with his partner Miquette in the wings); but his celebrated guitar riffs added a special sound, mixed with the more familiar sounds of Noel Delphin.
But the greatest surprise, was the presence throughout of ....... Brian Eno with his percussions, his synthesisers and his backing vocals that supported all the songs... He had actually worked on the lyrics as well!!!! And you had to see his expression to know he was not doing as if (what for anyway?) he was really having fun: he was taking an obvious pleasure.
There was thus a very special rock sound, which I had never heard before in the good dozen of Rachid's concerts I attended recently. Everything was given the rock treatment, the bedouin sound of Bent Sahra, Habina, Medina...
The tone was rock!!! And true: Rachid had to pass via the British scene to get his rocking license in France. Let's not forget that it was just one year ago that the director of a rock magazine that is well-known asked a journalist whether he could "guarantee" Rachid was a rocker before accepting to publish an article on him!!!
The audience -numerous, warm- has danced from the start. A very “franco-french” audience: so Rachid convinced them to learn some new French words like "chouffe chouffe" (Shuf! Look!); "Safi , s-a-f-i" (pure…from the same family as Sufism).
Then a homage and a another way to wink at the audience, thanks to Hakim’s friendly accompaniment on his mandolute, to a flamenco singer Camaròn; "this is in ancient Spanish which is called Arabic..."
A few statements:
“Let’s stop saying ole’ olé; they will think we’re talking of religion!”
“I won’t cite the name of Bouteflika because we need to stop using bad words”

Enta copyright 2005 some rights reserved under a Creative commons License - translation Yvonne and Kelma.

*webbeurs, webbeuses” is the way Rachid Taha vocally addressed the visitors of his former Universal Official Site; vieille façon avec laquelle Rachid saluait vocalement les visiteurs de son ancien site officiel!